ArchiTes de la Marine, G
S. Voir page 6.
Roi* qu'il avait jadis connu Prince de Galles. Grâce à la bienveillance manifeste du monarque, les liens de la captivité se détendirent insensiblement pour d'Estaing. Sa situation fut ainsi promptement régularisée. Il se trouva libre dès lors de partir pour la France.
Cependant le gouvernement anglais ne lui épargna au départ nulle avanie. < Sa qualité de prisonnier le força d'aller chercher le passeport, qu'on ne voulut lui faire tenir par aucune autre voie. » Puis, comme à Douvres « on s'était plu à insérer avec emphase sur le livre de l'amirauté que le paquebot n'était que pour lui, .ses effets et ses gens », il riposta malicieusement à cette sottise en inscrivant < que ses gens étaient : un, et ses effets : nuls, attendu qu'on lui avait tout pris li.
Après quatre années d'absence, après tant de souffrances vaillamment supportées, tant d'héroïques actions accomplies, d'Estaing allait-il rentrer en France oublié ou méconnu? Il dut le craindre, car nulle réclamation du cabinet de Versailles n'était encore parvenue à Londres le concernant. Sa captivité prolongée semblait pourtant justifier une démarche attendu que, officier général sans commandement, il avait été arrêté en mer sur un vaisseau à bord duquel il naviguait non comme belligérant, mais comme simple passager. Pouvait-il soupçonner qu'une note, depuis longtemps établie dans ce sens par ordre du duc de Choiseul, mais négligemment « remise à ceux qui allaient acheter des chevaux pour la grande écurie du Roi » partirait seulement par le retour de son propre bateau*.