‹ L'amiral d'EstaingChapitre 6 sur 252 · Archives de la Marine^ C^ 10 i · texte numérisé non relu

Archives de la Marine^ C^ 10 i

4. Alexis-Madeleine-Rosalie, duc de Châtillon, lieutenant-général, avait été blessé en Italie, à la bataille de Ouastalla, en 1734, et nommé peu après gouverneur du Dauphin. Il avait été créé duc et pair en 1736i

donner à son élève « des leçons de mœurs aux dépens de celles du Roi son père, lui ayant montré les petits ponts de bois qui conduisaient des logements de madame de Châteauroux à celui du Roi ». Lorsque Louis XV, rétabli de la grave maladie qui, à Metz, avait failli l'emporter, renoua sa liaison avec madame de Châteauroux, la belle duchesse exigea le sacrifice d'un ménage qu'elle se savait aussi hostile*. Pour avoir partagé les enseignements de Châtillon, d'Estaing reçut le contre-coup de cette disgrâce ; mais s'il n'eut pas la faveur d'être attaché à la personne du Dauphin, il lui fut cependant permis de rester l'un des fidèles du jeune prince.

Nous en trouvons une preuve dans le récit même de la tragique aventure dont, l'année suivante à Versailles, d'Estaing risqua d'être victime et que Luynes conte ainsi : « Il y eut hier un jeune homme assassiné dans le jardin. . . Cette aventure, pour laquelle on fait actuellement des recherches, a fait souvenir de celle arrivée il y a quinze jours ou trois semaines au petit d'Estaing, à laquelle on n'avait pas faitassez d'attention. M. d'Estaing, fils de M. d^ Saillans, est courtisan fort assidu de M. le Dauphin. Il loge aux écuries de la Reine, qui sont du côté de l'abreuvoir. 11 s'en retournait seul vers les huit ou neuf heures du soir, par la porte du Dragon, ayant son habit déboutonné. Dès qu'il fut sorti de la porte, il reçut un coup d'épée, qui lui perça son habit de part en part, sans lut toucher. On se jeta en même temps à ses cheveux qui étaient en bourse. La bourse s'étant défaite resta entre les mains du voleur, M. d'Estaing mit

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