Archives de la Marine, B* 108 f
c'est de donner le moins que Ton pourra. Plaider contre ce principe est difficile *. »
Enfin le H juin les états se réunirent. € Une pompeuse et ridicule minutie embarrassait tout le monde : c'était l'importante affaire des préséances. Elles n'ont point formé de difficultés, observe d'Estaing. Nous les avons prévenues en nous mettant, M. l'intendant et moi, aux deux extrémités d'une très grande table*. > A droite du gouverneur siégeaient les notables, à sa gauche les délégués du commerce, tandis que, en face de lui, l'intendant prenait place entre les conseillers et les syndics ^.
La première séance s'annonçait comme devant être assez tumultueuse. D'Estaing l'ouvrit par un discours où il s'efforça de réchaufferie zèle de ses auditeurs, leur persuadant que la France tenait les yeux attachés sur Saint-Domingue et que rien ne serait plus glorieux pour cette île que d'accorder, « en corps national », ce qui venait d'être refusé au Roi par les parlements.
€ L'amour-propre fait en Amérique plus qu'on ne peut croire, écrit d'Estaing en sortant de l'assemblée... Mes attentions, mes louanges et le vin de Champagne que je fais boire à ses membres, la considération que je parais avoir pour les derniers syndics, la patience avec laquelle je les écoute ont déjà rendu l'après-dînée moins orageuse que le matin. >
Les jours suivants d'Estaing se fait « l'aubergiste »