‹ L'amiral d'EstaingChapitre 80 sur 252 · Jbid · texte numérisé non relu

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des possessions espagnoles de Saint-Domingue, décida les gendarmes à s'équiper. « Je me suis contenté de dire, lisons-nous dans les notes de d'Estaing, que je désirais fort qu'ils fussent en état d'aller au-devant de lui. Les habits ont été achetés et j'ai reçu ce matin la visite en corps de la plupart d'entre eux. Je les ai priés à dîner, je les ai menés à la comédie dans ma loge et, par un très grand bonheur, ni eux ni moi n'avons été siffles par les conseillers, les procureurs, les clercs et leurs agents, » Pour honorer les gendarmes, d'Ëstaing revêt la tenue de leur corps avec les'SpauIettes des colonels nationaux. « On prétend, dit-il, que l'uniforme de cette milice bourgeoise, que je porte constamment, fait une grande impression, étant orné du cordon bleu*. >

Les mulâtres n'en continuent pas moins à se montrer réfractaires à l'accomplissement de leurs obligations personnelles dans la milice, où ils se font en grand nombre remplacer par des blancs. Le gouverneur tente tout d'abord de les ramener par la douceur : « J'ai recommandé qu'on traitât tous les sang-mêlés avec la plus grande indulgence. J'ai distribué de l'argent à ceux qui daignaient obéir. » Mais la douceur ne réussit guère, car « ceux du Cap aiment mieux se rendre en prison que de joindre les détachements de la légion... Ils courent s'y rendre eux-mêmes par l'avis des conseillers et des procureurs*. > D'Ëstaing, à bout de patience, donne l'ordre de les y recevoir et les expédie en masse dans les geôles de Fortr-Dauphin.

Mais les mulâtres arrêtés présentent par l'entremise de leurs femmes une requête au conseil du Cap. Cette

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