Archives de la Marine, B* 108 ^• 406 et
requête fabriquée € non seulement par des procureurs, mais aussi par des conseillers... est faite avec assez d'art pour qu'on fasse dire à ces mulâtres des raisons plausibles ». Fort heureusement le conseiller Dupérier, l'un des rares magistrats qui se conduisit toujours correctement à l'égard de d'Estaing, préside ce jour-là l'audience. Comprenant tout le danger qu'il y aurait à laisser s'engager la discussion sur une requête aussi habilement rédigée, il reçoit « très froidement » ce placet, le met en poche et le porte à d'Estaing. Aucun abus de pouvoir n'est ici reprochable à Dupérier, car leur pétition se rapportant à € une affaire de milice et d'administration », les mulâtres. eussent dû se pourvoir devant le gouverneur et non devant le conseil. La netteté de Dupérier fut dans cette circonstance d'un grand secours à d'Estaing, car il est douteux que, surexcités comme ils l'étaient, les membres du parlement eussent consenti à reconnaître leur incompétence*.
Le parlement du Cap n'était pas seul à créer des embarras à d'Estaing. En effet le conseil de Port-au-Prince n'avait pas tardé à se déclarer pareillement hostile au gouverneur. Et pourtant, aussitôt les états dissous, c'est-à-dire quelques semaines après son arrivée dans la colonie, d'Estaing, étant allé à Port-au-Prince, avait été plutôt satisfait de sa première entrevue avec les membres du second parlement de l'Ile.