‹ L'amiral d'EstaingChapitre 82 sur 252 · Archives de la Marine, B* 108 f · texte numérisé non relu

Archives de la Marine, B* 108 f

Il les avait d'ailleurs comblés de prévenances et, à peine débarqué, s'était mis en mesure de les visiter. Point ne lui fut nécessaire de courir pour cela aux quatre coins de la ville, car il apprit, non sans surprise, que les conseillers se trouvaient logés tous ensemble dans une seule et même maison où les repas leur étaient servis en commun. « Ils doivent ces casernes juridiques, note d'Estaing, à la munificence de M. de Clugny, qui leur a fait donner par le Roi une somme de vingt-cinq mille livres. Cela me paraît avoir son inconvénient. Ce qui est bon aux lieutenants d'infanterie et aux chevaliers de Malte, dont il est nécessaire d'augmenter Tesprit de corps, est nuisible et même indécent pour des magistrats, qui se trouvent assez unis par la buvette, par Tenvie de dominer et par le privilège exclusif d'acquérir et de devoir sans payer*. >

Si d'Estaing, nous le voyons, tient assez douteuse l'honorabilité professionnelle des magistrats de Portau-Prince, cependant il leur sait gré d'avoir enregistré sans aucune objection désobligeante les provisions de l'intendant et les siennes. Désireux « de gagner les conseillers », le gouverneur les dispense de venir le complimenter en députation solennelle, assurant ne vouloir « que leur amitié, nulle gêne de leur part, beaucoup de cordialité et de bonhomie », toutes choses répondant assez à leurs allures accoutumées. En effet, « la salle d'audience de Port-au-Prince est le contraire de celle du Cap. C'est tout simplement une table carrée avec une barre qui sépare l'audience ». Cette médiocrité € un peu trop grande » ne déplaît cependant pas à

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