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d'Eslaing et lui semble « préférable à la grotesque majesté du nord* >. De même dans la vie privée, ces parlementaires sont infiniment moins empesés que leurs confrères du chef-lieu. Priés à un bal, plusieurs y c dansent en habit bleu céleste et gris de lin », tandis que les conseillers du Cap n'eussent point « quitté leur habit noir pour toute chose au monde* ».
Mais ce parlement va changer d'attitude dès qu'il constatera que ses rapports avec les représentants du pouvoir ne seront point uniquement des relations de courtoisie, dès que Magon fera mine de soumettre la compagnie judiciaire à son contrôle administratif.
Sur la plainte de M. de La Bouexière, procureur du Roi, l'intendant a formé une commission pour constater Tétat des greffes de la juridiction et de l'amirauté de Port-au-Prince. Cette commission ne tarde pas à constater que les registres ne sont ni signés, ni paraphés, double irrégularité permettant au greffier d'opérer tout à son aise sur lesdits registres. Bientôt elle découvre € que le plus grand nombre des objets achetés depuis un an pour le Roi figurait sur les comptes du conseiller de La Mahautière, les uns à un cinquième, les autres à un quart et jusqu'à un tiers plus haut qu'ils n'avaient été réellement payés > . Ce conseiller est provisoirement suspendu jusqu'à ce qu'il soit statué sur son cas par le ministre, mais d'Estaing prévoit « que dans un an il faudra le rétablir » : La Mahautière « a beaucoup d'amis, il est Tamant heureux de madame de P..., il l'a été de presque toutes les femmes du quartier ; c'est
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rhomme du jour Je Port-au-Prince >. Le gouverneur pourtant se résigne à la pensée qu'il devra réintégrer La Mahautière, car ce magistrat est aimable, a de l'esprit et du talent, tandis que « plusieurs de ses camarades n'ont que ses vices * » .
Mais voilà que, pour empêcher d'autres trouvailles aussi fâcheuses, un assesseur, M. de Longpré, se rend nuitamment au greffe de la juridiction dans le coupable dessein d'y falsifier les registres et de divertir ou modifier les pièces comptables. Une sévère admonestation de d'Estaing fait renoncer le jeune magistrat à ses expéditions nocturnes, mais porte à son comble la passion des conseillers.
Dès lors La Bouexière va devenir la victime de sa plainte contre les désordres du greffe. « Un nommé Saint^Léger, substitut du procureur général, sans biens, parents, réputation ni talents, créé, rapporte d'Estaing, uniquement par M. de Clugny et qui serait à peine à Paris clerc dans une étude de procureur... a cherché une querelle d'Allemand au procureur du Roi. Il a prétendu que ce dernier avait manqué au respect dû à sa place de substitut du procureur général. Ce motif de lèse-parlement a été la base d'une procédure îrrégulière que tout le monde condamne, quoique le sieur de La Bouexière ne soit pas généralement estimé et qu'il ne me paraisse pas mériter de l'être beaucoup*. >
Le conseil de Port-au-Prince rend donc un décret de prise de corps contre La Bouexière, envoie pour Texécution de ce décret des ordres rigoureux par tout le