‹ L'amiral d'EstaingChapitre 84 sur 252 · Archives de la Marine, B« 108 f · texte numérisé non relu

Archives de la Marine, B« 108 f

ressort, les notiiie aux troupes et met en mouvement la maréchaussée. Cependant, grâce au bon esprit dont fait preuve Tofficier, chef du détachement de Petit- Goave, La Bouexière parvient à échapper aux poursuites du parlement et se réfugie auprès de Magon. Le conseil proteste, prétendant que Tintendant ne peut délivrer un sauf-conduit sans l'assentiment du gouverneur. Mais d'Estaing, précisément alors de passage à Port-au-Prince, intervient à temps et met La. Bouexière en lieu sûr, à bord d'une flûte de la marine royale *.

Saint-Léger, voyant échapper sa proie, « échauffe les esprits, tient les propos les plus insolents, va de porte en porte mendier des plaintes et solliciter des murmures. Son projet est d'engager les habitants à présenter une requête au conseil contre la milice et contre les impôts^ ». Pour mettre un terme aux intrigues de ce magistrat, d'Estaing lui prescrit de venir au Cap justifier sa conduite ; mais Saint-Léger s'y refuse, déclarant n'être le justiciable que de sa compagnie.

Magon, partisan des mesures de rigueur, ne parvient pourtant point à obtenir du gouverneur le juste châtiment de Saint-Léger. D'Estaing en effet ne se montre pas doué d'un courage civique égal à son courage militaire. Il le sait et nous l'a déjà confessé. 11 nous le montre à nouveau dans les lignes suivantes : « M. l'Intendant a raison et moi je n'ai pas tort : tolérer la désobéissance inouïe d'un aussi mince individu que le sieur Saint-Léger, lui permettre le refus de venir rendre compte de sa conduite aux deux commissaires du Roi, devant lesquels il y a dix ans toute la colonie

Page 1