‹ L'amiral d'EstaingChapitre 85 sur 252 · ArchiTes de la Marine, B · texte numérisé non relu

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m L AMIRAL D ESTAING

aurait frémi... passer sous silence une désobéissance aussi publique, c'est une faute, et Taudace augmentera. Mais la mienne s'est éteinte par les nouvelles d'Europe*. >

En effet, la plupart des fonctionnaires que, lors de son arrivée à Saint-Domingue, d'Estaing avait renvoyés en France, s'y étaient répandus en virulentes invectives contre lui. Néanmoins plusieurs d'entre eux venaient d'obtenir des situations importantes : Clugny l'intendance de Brest, Dubuisson une charge de maître des requêtes. Etaient-ce là simples inconséquences dans la conduite du ministre, simples faveurs extorquées par des intrigues de cour ou bien au contraire comme un désaveu formel de l'administration du gouverneur?

D'Estaing ne pouvait encore le savoir ; toutefois il se sentit dès lors absolument découragé. « Ma place me déplaît à mort, marque-t-il dans son journal aux derniers jours de l'année 1764, et je serais ravi de la perdre. Ainsi la nécessité de me sacrifier, après avoir fait le bien, serait un bonheur pour moi, pourvu que M. le duc de Choiseul m'en sût gré et que le Roi seul crût que j'aimerais mieux me battre pendant cent ans contre ses ennemis qu'un quart d'heure avec d'aussi méprisables humains*. »

Ces nouvelles de France, qui enhardissaient Saint- Léger dans sa rébellion, ne manquèrent point d'inciter les conseillers de Port-au-Prince à tourner leur fureur contre d'Estaing. Ils le font attaquer dans d'infâmes libelles, répandus à profusion. L'auteur en est un cer-

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