‹ L'amiral d'EstaingChapitre 88 sur 252 · ArchiTes historiques de H Guerre, vol · texte numérisé non relu

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craignent surtout Tobéissance. On a mis une trompette dans la bouche arrogante et empestée des conseillers, et puis tout à coup la scène a changé. On a voulu faire des soldats de ces gens à qui Ton venait de promettre par un enregistrement qu'ils ne porteraient jamais les armes. On a supposé apparemment que la peur d'être traités par les Anglais, qui les enrichissent, comme soldats prisonniers, que la frayeur d'être chassés du pays et de perdre leurs biens les ferait battre. On a cru je ne sais quoi; mais pour moi, dût-on m'envoyer à la Bastille, je croirai toujours que, lorsqu'on passe tout d'un coup de la cave au grenier, il est très difficile de bâtir une maison entre, deux. Mon plan est fait. Je me contente, quand il pleut, de faire travailler à la charpente; lorsque le temps est moins mauvais, je hasarde de broyer le mortier. J'agirai de même jusqu'à la veille de mon départ. De façon ou d'autre, il est prochain ^ »

En effet, le bruit du rappel de d'Estaing commençait à courir, puisant sa source dans une lettre où Clugny annonçait les récompenses accordées en France à son ami Dubuisson, qui allait revenir au Cap comme « procureur général et conseiller des deux conseils ». L'ancien intendant assurait qu'on verrait avant peu de g^rands changements à Saint-Domingue. Bien qu'aucune dépêche officielle ne fût venue confirmer cette nouvelle, aussitôt colportée par les adversaires de d'Estaing, le gouverneur parfois n'en songeait pas moins à résigner ses fonctions, voire à abandonner son poste. Seul le sentiment du devoir l'en empêcha.

m Mes réflexions, note-t-il, augmentent d'autant plus

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