Aristote, Éth. Eud., VII, i
l'âme des hommes où il a pour objet la beauté; il se rencontre aussi dans la nature corporelle, dans tous les animaux, dans les productions de la terre, en un mot, dans tous les êtres l ». Si l'amour est ainsi le principe universel, toute science, qui remontera à ce principe, sera une science de l'amour. Le mot de Socrate, si souvent cité : «Je ne sais qu'une petite science, l'amour», serait donc ironique. Cette petite science, en effet, contient toutes les autres, la musique, l'astronomie, la médecine, etc. Ainsi cette dernière « est la science de l'amour relativement à la réplétion et à l'évacuation - », à l'assimilation et à la désassimilation. Dès lors vont réapparaître les idées d'Heraclite. Dans la composition du corps entrent le froid et le chaud, l'amer et le doux, le sec et l'humide; il faut (pie ces contraires s'unissent, que ces éléments ennemis deviennent amis, (pie des uns et les autres se forme le mélange harmonieux d'où résulte la santé: c'est précisément là ce qu'opère l'amour. La môme thèse est énoncée autrement dans le Philèhr. Platon range le sec et l'humide, le froid et le chaud, etc., dans la classe de l'indéfini, c'est-à-dire des choses qui comportent le plus ou le moins. A cette classe s'oppose celle du défini, comprenant les choses qui sont entre elles en proportions définies, comme un nombre est à un autre. Le mélange du défini cl de l'indéfini l'orme une troisième classe, à laquelle appartiennent les choses comme l'harmonie et la santé. La santé, en effet, est une combinaison heureuse d'éléments contraires, du sec et de l'humide, du froid et du chaud, etc. indéfinis par nature, mais pris ici en proportions définies. La cause, qui produit le mélange de l'indéfini et du défini, Platon lui donne, dans le Philèbe, le nom d'Intelligence et, dans le Banquet, celui d'Amour. Mais il n'y a point là de contradiction. L'amour n'est le principe