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de l'harmonie qu'autant qu'il est dirigé et réglé par la raison. Il faut distinguer, en effet, deux sortes d'amour : le céleste et le vulgaire, le sain et le morbide, l'un, qui mélange en proportions convenables les éléments contraires, chaud et froid, sec et humide, etc., et produit l'équilibre organique, la santé; l'autre, qui rompt cet équilibre et engendre la maladie; c'est à discerner « le bon et le mauvais amour des corps1 » et à combattre l'un par l'autre que consiste la médecine, semblable en cela à la morale. On comprend dès lors que l'harmonie puisse être rapportée à la Raison aussi bien qu'à l'Amour. L'Intelligence commande et l'Amour agit; l'une trace la voie où l'autre s'engage. Il y a entre les deux le rapport de la cause efficiente à la cause finale : la Raison pose le but et l'Amour s'y porte d'an élan généreux. En physique comme en morale, l'Amour est au service de la Raison ; il est le cheval blanc, qui obéit à la voix du cocher. Platon sur ce point se rapproche des Orphiques, pour qui « Eros et Métis (la Sagesse) se réunissent en un principe de la vie physique, qui anima dès l'origine toute la nature et tous les êtres 2 ».
Ainsi Platon ne dédaigne pas d'entrer dans les vues des physiologues, de développer ces vues, de leur trouver un sens, mais il s'inspire de leurs doctrines, il les interprète et les transforme plutôt qu'il ne les suit. Il tente même une explication mythique de l'amour ou du désir, de la façon dont il naît et se communique3, et de l'origine des différentes espèces d'amour .4. Mais outre que ce sont là des rêves poétiques, qui ne doivent pas être érigés en doctrines, nous jugeons, à la réflexion, qu'il faut les écarter, comme au dehors de notre sujet.
Aristote a posé plus nettement encore que Platon le