Êth. Eud., VII, v
doctrine péripatéticienne, pour les personnes comme pour les choses, est un milieu.
Ainsi Heraclite et Empédocle ont tous deux raison; il suffit de les entendre : l'amitié, en un sens, est l'union des semblables; en un autre, elle est celle des contraires. C'est qu'il y a deux sortes d'amitiés : l'une, <jui se fonde sur la vertu et le plaisir, rapproche des personnes de môme caractère; l'autre, qui se fonde sur l'intérêt, rapproche des personnes qui s'opposent entre elles.
Ainsi se trouvent ramenées à un sens vrai des maximes que Platon tenait pour absurdes. L'illusion des premiers philosophes était de croire réalisée dans le monde physique l'amitié qui se rencontre parmi les hommes. Avec Platon, plus encore avec Arislote, cette illusion se dissipe, le problème de l'amitié entre dans sa phase psychologique. Il paraît se restreindre: en réalité, il s'élargit. L'analyse d'un sentiment est en effet plus féconde et plus riche en développements que les plus orgueilleuses conceptions de la métaphysique.