‹ L'amitié antiqueChapitre 131 sur 194 · Phil. der Griechen, p · texte numérisé non relu

Phil. der Griechen, p

tenu de l'aimer et qu'on l'aime, en fait, davantage. Ainsi, il est plus odieux de frapper son père que qui que ce soit d'autre.

Mais l'amitié et la justice ne laissent pas d'être distinctes. Il y a tout au moins entre elles une inégalité de rang et de valeur. « Amis, on n'a plus besoin de justice ; mais, justes, on ne saurait se passer de l'amitié, et le plus haut degré de la justice paraît tenir de l'amitié. » C'est une loi générale, dans la philosophie d'Aristote, que le supérieur enveloppe l'inférieur. Quand donc on dit que l'amitié est supérieure à la justice, on n'entend pas qu'elle s'en affranchit, mais qu'elle la dépasse, qu'elle la résume et la complète. L'amitié et la justice tendent toutes deux à établir l'égalité, mais l'amitié établira une égalité plus entière, elle sera une justice plus parfaite l.

En outre, l'égalité qu'a en vue la justice n'est pas celle qu'exige l'amitié.

L'égalité n'est manifestement pas de môme nature dans ce qui est du domaine de la justice et dans l'amitié ; le premier rang, dans le domaine de la justice, appartient à Yégalitè proportionnelle (to xat'à-îav t'oov), et le second, à l'égalité arithmétique (tô xatà -oaàv l'aov) ; tandis que, dans l'amitié, c'est tout le contraire : l'égalité arithmétique est au premier rang, légalité proportionnelle, au second2.

L'égalité arithmétique consiste à donnera A autant qu'à B, et V égalité proportionnelle à donner à A plus ou moins qu'à B, selon son mérite par rapport à B. Il est clair que la justice gagne en perfection, quand la considération du mérite des personnes s'ajoute à l'évaluation des choses, et qu'une saine appréciation du mérite personnel importe plus qu'une rigoureuse estimation des choses.

De même qu'Aristole oppose à la justice distributive ,

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