Man., 3, cf. Entr., III, xxiv
En homme libre. Nous, tous les prétextes nous sont bons pour être lâches : à l'un, c'est son enfant; à l'autre, c'est sa mère; à l'autre, ce sont ses frères. »
Le sage est heureux, quoi qu'il lui arrive; il doit l'être encore, quoi qu'il arrive à ses amis. « Une faut jamais se rendre misérable pour personne, mais être heureux pour tout le monde, surtout pour l'amour de Dieu, qui nous a donné les moyens d'atteindre au bonheur1. »
L'amitié du sage, comme l'a dit Guyau 2, n'est point l'attachement qui veut retenir ce « à quoi il s'est pris une fois », mais « l'affection qui, soit que son objet s'éloigne ou s'approche, reste impassible ».
Le Stoïcien ira à l'encontre des sentiments de ceux qu'il aime,sices sentiments sont déraisonnables et injustes. Par exemple, il ne consent à les plaindre que s'ils méritent d'être plaints.
Ce qu'un autre éprouve de contraire à la nature, dit Épictète, ne doit pas être un mal pour toi. — Viens au secours des autres selon ton pouvoir et selon leur mérite; pourtant, si la perte qu'ils ont faite n'est qu'en choses indifférentes, garde-toi d'y voir une perte véritable ; ce préjugé est un mal 3.
Le sage blâme donc les vaines afflictions, les larmes qu'on verse au départ d'un ami.
Quel cœur dur que ce vieillard ! dites-vous. Il m'a laissé partir sans pleurer, sans me dire : A quels périls tu vas t'exposer, mon fils ! Si tu y échappes, j'allumerai mesflambeaux. — Comme ce serait là, en effet, le langage d'un cœur aimant4! S'il n'est pas permis de pleurer la mort d'un ami, comment le serait-il de pleurer leur absence?
Le sage peut plaindre les méchants qui font le mal par ignorance du bien : il plaint Médée, aveuglée par la pas-