DlOGÈNE LAERCE, VII, I
2. « Ce que racontent les écrivains récents sur la communauté des bieus dans l'École de Pythagore, dit-il, est à coup sûr fabuleux. .» Phil. des Grecs, tr. fr., I, p. 320.
ne l'ait recommandé aux amis à titre de règle idéale. Que quelques Pythagoriciens dès lors s'y soient conformés, c'est ce qui n'est point sûr peut-être, mais ce qui demeure pourtant admissible et probable.
Au reste, ce n'est pas Pythagorc seulement, mais Socrate qu'il faudra, ce semble, laver du reproche de communisme. 11 estime, en effet, qu'un ami est, à la lettre, une richesse, une source de revenus, « un moyen de vivre ». Ainsi Théodo tè ne possède ni terres, ni maisons, et cependant elle elle est riche, grâce aux libéralités de ses amis. « Les amis que je me fais, dit-elle, veulent bien m'obliger, je n'ai pas d'autre revenu l. » D'où Socrate conclut qu'il vaut mieux avoir beaucoup d'amis que de posséder des troupeaux de brebis, de bœufs et de chèvres. 11 suffit en effet de posséder un ami riche pour être à l'abri du besoin; car l'ami <( se charge de fournir à son ami ce qui lui manque », il « partage ses dépenses 2 », il prie « son ami de considérer sa fortune comme lui appartenant et considère lui-même comme sienne la fortune de son ami 3 ».
Dans l'Ecole socratique, on suit ces maximes. Griton, suppliant son maître de sortir de prison, lui dit de puiser sans crainte dans la bourse de ses amis :
Rassure-toi, car premièrement la somme que Ton demande pour te tirer d'ici n'est pas fort considérable. D'ailleurs tu sais la misère de ceux qui pourraient nous accuser, et le peu d'argent qu'il faudra pour leur fermer la bouche; mon bien, qui est le tien, suffira. Si tu fais difficulté d'accepter mon offre, on a ici bon nombre d'étrangers prêts à fournir du leur : le seul Simmias de Thèbes a apporté la somme suffisante; Cébès est en état de faire la môme offre et plusieurs autres encore. Que ces craintes ne te fassent donc pas perdre l'envie de te sauver4.