Diogène Laerce, V
Dugas. Amitié. 18
bons entre eux, et les autres ne seront amitiés que par analogie avec celle-là » (xaO' ôfiotoTTiTa *. L'idéal étant, pour Aristote, la plénitude du réel et le réel, l'ébauche de l'idéal, la casuitisque devient possible. Elle n'est pas un chaos de questions insolubles ou qui ne peuvent être tranchées que par une décision arbitraire; elle est un ordre de questions fondées, elle relève de la science. Elle a une base solide, elle repose sur l'harmonie secrète, sur l'identité fondamentale de la règle morale et des mœurs.
De ce point de vue s'éclaire toute la théorie péripatéticienne de l'amitié. Aristote distingue un grand nombre d'amitiés diverses, à savoir: les amitiés fondées sur l'intérêt, le plaisir ou la vertu, — les amitiés d'égal à égal ou de supérieur ou inférieur, — les associations civiles de toutes sortes, les relations de famille et les relations d'intime à intime.
Mais il ramène toutes ces classes d'amitié à deux types principaux : celui de l'amitié parfaite et celui de l'amitié vulgaire. En analysant les formes particulières de l'amitié, il ne perd pas de vue la forme idéale, le type essentiel et unique. Gonsidère-t-il les motifs de s'unir et distingue-t-il à ce point de vue trois sortes de liaisons : les liaisons d'intérêt et de plaisir et l'amitié des gens de bien ? Il veut alors mettre en relief * le désintéressement et le caractère tout personnel de la vraie amitié ». Gonsidère-t-il la situation respective des personnes qui s'unissent et distingue-t-il une amitié entre égaux et une amitié xa6' wzepoxViv? Son but est d'établir que la vraie amitié a pour trait essentiel l'égalité. Enfin, fait-il rentrer l'amitié dans le genre association ou xo'.vowa, et la rapproche-t-il de l'État ou de la famille ? Il veut alors prouver qu'elle implique la communauté et que, selon le proverbe, tout est commun entre amis. Ainsi convergent les résultats de son