‹ L'amitié antiqueChapitre 30 sur 194 · Anthol. grecque, t. I, p. 397, cité par Guyau · texte numérisé non relu

Anthol. grecque, t. I, p. 397, cité par Guyau

l'entretien de la secte i et seraient morts ensemble au terme de la vieillesse. Cette fable édifiante, tendant à montrer que la communauté de destinée est la grâce accordée par les dieux aux amitiés parfaites, fait pendant à l'histoire de Damon et de Phintias, qui symbolise l'amitié des Pythagoriciens.

Le succès et la durée de l'hétairie épicurienne doivent être attribués au talent d'organisation du maître ; mais l'élan qu'il a communiqué aux âmes est parti de son cœur. Il était de nature aimante, comme l'attestent « sa piété envers ses parents, sa bonté envers ses frères, sa douceur envers ses esclaves, et, en général, son humanité envers tous. » L'exemple de sa vie a plus fait pour répandre l'amitié que ses leçons et ses conseils. Il n'a pas seulement étendu sur ses disciples une protection touchante, il a voué à quelques-uns une amitié ardente et passionnée. Il ne se sépara jamais de Métrodore. C'est ce qu'exprime symboliquement le buste du Louvre, représentant sur une de ses faces Métrodore, sur l'autre, Epicure. « Métrodore de Lampsaque, dit Diogène, du jour où il connut Epicure, ne le quitta plus, sauf pour un voyage qu'il fit dans sa patrie. » A la mort de Métrodore, Epicure recueillit ses enfants et assura leur sort par son testament. La lettre qu'il écrivit à Idoménée le jour de sa mort se termine ainsi : « Au nom de l'amitié que tu m'as toujours témoignée dès l'enfance et de ton amour pour la philosophie, prends soin des enfants de Métrodore 2. » Comme le dit Sénèque, au point de vue moral, Métrodore, Hermarchos, Polyène doivent

1. « Patrimonii etiam possidendi alendmque scholœ communione conjuncli. » On remarquera l'inexactitude de ce trait de la légende : Patrimonii possidendi communione conjuncli. De Miraculis, I, 8, 17. Epicure blâmait la communauté des biens entre amis. Au contraire, la participation aux frais d'entretien de la secte semble avoir été de tradition chez les Épicuriens. Voir ce qui a été rapporté plus haut de Nicanor, dans le Testament dy Epicure.

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