‹ L'amitié antiqueChapitre 36 sur 194 · IV. — L'amitié et l'enseignement · texte numérisé non relu

IV. — L'amitié et l'enseignement

L'enseignement philosophique a donc pour condition l'amitié; en outre, il prend la forme de l'amitié. Enseigner, c'est aimer; c'est aimer la sagesse, c'est aimer ceux à qui on communique la sagesse.

L'amour, dit Platon, est une sorte de folie, aavia; mais, s'il s'oppose à la raison vulgaire, au bon sens étroit, il se confond avec la raison la plus haute ou la sagesse; car la sagesse est faite d'enthousiasme et de passion; c'est un délire sacré. Elle consiste à s'éprendre du bien autant qu'à le connaître. D'autre part, l'amour passionné de la sagesse inspire un vif désir de la répandre. On ne se résigne pas à posséder seul la vérité, surtout quand la vérité est d'ordre pratique; on la doit aux autres et on a mission de la leur faire entendre.

Si vous me disiez, dit Socrate à ses juges : Socrate, nous n'avons aucun égard aux instances d'Anytos et nous te renvoyons absous; mais c'est à condition que tu cesseras de philosopher et de faire tes recherches accoutumées, et, si tu y retombes et que tu sois découvert, tu mourras; si vous me renvoyiez à ces conditions, je vous répondrais sans balancer : « Athéniens, je vous honore et je vous aime, mais j'obéirai plutôt au Dieu qu'à vous et, tant que je vivrai, je ne cesserai de philosopher, en vous donnant toujours des conseils, en vous reprenant à mon ordinaire *.

A vrai dire, chez Socrate, la passion de l'enseignement s'explique par l'ardeur de son zèle scientifique. Pour lui,

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