‹ L'amitié antiqueChapitre 37 sur 194 · Platon, ApoL, 29 C, D · texte numérisé non relu

Platon, ApoL, 29 C, D

en effet, renseignement est surtout un moyen de découvrir la vérité, c'est la recherche en commun ; enseigner, c'est s'instruire autant qu'instruire les autres. Est-ce donc dans l'intérêt de la recherche philosophique que Socrate s'entoure de disciples, ou est-ce par intérêt pour les âmes qu'il se livre à l'étude de la philosophie ? Il est impossible de le dire. Chez lui, le philosophe et l'apôtre ne font qu'un. Ce qui est certain, ce qui constitue « le trait essentiel du caractère de Socrate, ce qui {jait justement de lui l'amant philosophique que nous dépeint Platon », c'est, dit Zeller, que, « si la société d'aulrui était indispensable à ses recherches, il ne pouvait davantage se passer de la recherche philosophique dans cette fréquentation. »

Selon Platon, l'enseignement se rattache plus directement encore à l'amour. Il est une génération selon l'esprit. Les sages sont doués de fécondité morale 1 ; ils font produire aux âmes les vertus, ils déposent en elles la semence des beaux discours et des hautes pensées, d'où sortent la tempérance, la justice et toutes les nobles actions. Tels sont les poètes, comme Homère et Hésiode, les législateurs, comme Lycurgue et Solon.

Enfin il y a quelque chose de plus noble que cette expansion naturelle aux grandes âmes; c'est la volonté de servir l'humanité, à laquelle les Stoïciens rattachent l'enseignement de la sagesse. « La vertu nous pousse, dit Cicéron, à vouloir être utiles au plus grand nombre d'hommes possible, et surtout en les instruisant et en leur découvrant les règles de la sagesse. Aussi ne trouvera-t-on pas facilement d'hommequi ne veuille fairepart à autrui de sa science propre. Nous ne sommes donc pas seulement inclinés à apprendre, mais à enseigner 2. » Ici l'intérêt des âmes est mis au-dessus de l'intérêt philosophique. Sénèque ira

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