De Fin., III, xix
plus loin encore ; il dira, s'adressant à Lueilius : « Je veux: verser en ton âme tout ce que je sais, et je me réjouis d'apprendre une chose pour avoir à te renseigner. Il n'est point de science capable de me plaire, si remarquable et si profitable qu'elle soit, si je la dois garder pour moi seul. On me donnerait la sagesse, sous condition de la tenir enfermée et de ne la point répandre, je n'en voudrais pas ; il n'y a pas de bien dont la possession soit agréable,, si on n'a avec qui le partager1. » Les Stoïciens sont si convaincus que tout enseignement est une preuve d'amour qu'on donne à ses semblables que dans le zèle d'Epicure à défendre ses doctrines, ils voient un dévoùment qui s'ignore \ Comme le méchant veut le bien, alors qu'il l'ait le mal, Epicure veut servir la société, alors môme qu'il professe des théories contraires à l'humanité et à la justice. C'est qu'il « n'est pas possible que l'homme perde entièrement les sentiments humains, pas plus que les hommes auxquels on a retranché les organes de la génération ne peuvent se dépouiller des désirs qui appartiennent à l'homme :!. » Pour les Épicuriens, la sagesse, étant l'art d'être heureux, ne vaut pas en elle-même, mais par ses effets ; instruire les autres, c'est travailler à leur bonheur.
Enfin il y a un rapport logique entre les doctrines des philosophes et leur zèle a les répandre. Socrate, Platon et les Stoïciens croient que la vertu dépend de la seule