Platon, Banq., 209, B, G
des Vies, et Apolloclore clans sa Morale. — « L'amour est un désir de contracter amitié, inspiré par la vue de la beauté, et il n'a pas pour fin l'union sexuelle, mais l'amitié... — H y a l'amour d'amitié », dit encore Chrysippe, et il ajoute que « le charme de la jeunesse est la fleur de la vertu i ».
Les Epicuriens conçoivent l'enseignement en dehors de l'amour, mais non point de l'amitié ; c'est ce qui ressort déjà de l'organisation de leur école en hélairie ; c'est ce qu'atteste aussi le caractère aristocratique et fermé de leur enseignement. « Je n'ai jamais voulu plaire au peuple, dit Épicure ; car ce que je sais, le peuple ne l'approuve point, et ce que le peuple approuve, moi, je l'ignore ». « Ce n'est pas à la foule, mais à toi que je m'adresse, écrit-il encore à un compagnon de ses études, nous sommes en effet l'un à l'autre un assez grand théâtre 2. » Le sage « pourra tenir une école, pourvu que le vulgaire n'y soit point reçu. Il pourra lire quelques-uns de ses écrits devant le peuple ; que ce ne soit pas pourtant de son propre mouvement3. » Cela revient à dire que le philosophe ne donne son enseignement dans son intégrité qu'à ceux qu'il considère comme ses amis.
Les Stoïciens, qui définissent le sage « le précepteur du genre humain », ne laissent pas de reconnaître aussi que son enseignement est perdu pour la foule. Il voudrait instruire tous les hommes; en fait, il n'instruit que ceux pour lesquels il éprouve de la sympathie et de l'attrait. Il faut, dit Sénèque, éviter de se produire, de faire des lectures (recitare) et d'argumenter (disputare) en public. On trou-
1. Diogène Laerce, VII, 1. Il n'était pas sans danger de présenter l'enseignement comme une forme de l'amour. Les relations du maître et des disciples n'ont pas toujours été innocentes ; témoin ce qu'on rapporte de Bion. Diogèxe Laebce, IV, 7, 49, 53, 5L