Sénèque, Ép., XXIX, VII
'6. Diogène Laerce, Lettre à Pythoclès.
vera tout au plus « une ou deux personnes qu'on s'appliquera à former, de qui on se fera comprendre 1 ».
L'enseignement ne peut être qu'amical, approprié à celui qui le reçoit, confidentiel, intime. Un des auditeurs d'Épictète se plaignait qu'il ne lui dît rien. Épictèle lui répondit :
Stimule, ma bonne volonté, comme, lorsque l'herbe qui convient à la brebis paraît, elle provoque son appétit, tandis qu'il en est autrement, si on lui présente une pierre ou du foin. Ainsi il y a en nous un penchant naturel qui nous excite à parler, lorsqu'il se trouve un auditeur capable de nous entendre et que lui-même nous y invile... Tu demandes pourquoi je ne t'ai rien dit? Parce que tu ne m'as pas excité. Car, en te regardant, sur quoi pouvais-je jeter les yeux qui pûtm'engager à te parler, comme les écuyers sont excités à la vue des chevaux de bonne mine ? Porterais- je mes yeux sur ton corps? Tu le contournes d'une manière ignoble. Sur tes vêtements? Ils sont efféminés. Sur ta marche, sur ton visage ?Sur rien. Lorsque tu voudras entendre un philosophe, garde-toi bien de lui dire : « Tu ne me dis rien », mais seulement montre-foi digne de l'entendre et lu verras comme tu i'exciteras à te parler '-.
On trouverait sans doute chez les Stoïciens des affirmations contraires; ils prétendent qu'on peut toujours instruire les hommes, convaincre leur raison et toucher leur cœur, mais c'est qu'alors on triomphe de leur mauvais vouloir, on force leur bienveillance : vincit malos pertinax bonitas 3. Même dans ce cas, on ne les instruit