Trad. Cousin, p
belles. Pour les autres, ils font avec lui de grands progrès; mais,
dans les uns, les progrès sont fermes et permanents; pour le reste, et c'est le grand nombre, tant qu'ils sont avec moi, dit Socrate, ils profitent d'une manière surprenante, mais ils ne m'ont pas plutôt quitté qu'ils retournent à leur premier état, et ne diffèrent en rien du commun des hommes 1.
A l'appui de cette assertion, on pourrait citer des faits. Xénophon dit de Critias et d'Alcibiade, dont les fautes politiques étaient imputées à Socrate :
Je sais qu'ils observèrent tous deux la tempérance, tant qu'ils vécurent avec Socrate, et ils ne craignaient pas d'être châtiés on battus par lui ; mais ils croyaient alors que ce qui valait le mieux, c'était de vivre ainsi 2.
Alcibiade confesse aussi dans le Banque! de Platon qull subit malgré lui l'ascendant de Socrate, et il s'irrite de cet esclavage. Il ne retrouve sa volonté qu'en s'éloignant de son maître et il ne s'en éloigne qu'à regret.
Il me faut malgré moi m'enfuirbien vite, en me bouchant les oreilles, comme pour échapper aux Sirènes, si je neveux pas rester jusqu'à la fin de mes jours assis à la même place auprès de lui... J'ai la conscience de ne pouvoir rien opposer à ses conseils;... je le fuis donc; mais, quand je le revois, j'ai honte d'avoir si mal tenu ce que je lui avais promis**.
Socrate est ainsi moins un maître qu'un ami passionnément aimé; on subit le charme de sa personne; en vivant avec lui, on devient meilleur ; l'influence qu'il exerce ne vaut pas moins que la doctrine qu'il enseigne.
Sénèque suit la tradition socratique, lorsqu'il pose comme une loi que l'enseignement de la sagesse n'est