‹ L'amitié antiqueChapitre 46 sur 194 · Bur.q., 21G B, C · texte numérisé non relu

Bur.q., 21G B, C

jamais impersonnel, lorsqu'il le définit une influence morale qui se dégage de la « vie en commun », contubernium. « Cléanthe, dit-il, n'eût pas porté si haut la vertu stoïque, s'il n'eût été que l'auditeur de Zenon, au lieu d'être le témoin de sa vie. Il y avait plus de profit pour Métrodore, Hermarchos, Polyène, à vivre avec Epicure qu'à l'entendre ; à être ses amis que ses disciples. » Rien ne vaut la fréquentation habituelle : viva vox et convictns. C'est une mauvaise condition pourinstruire les autres que d'être éloigné d'eux. Le commerce épistolaire a beau être un progrès sur l'enseignement ex cathedra; il a beau être suivi, familier, intime, il n'a point les effets de la vie commune. Sénèque entretient avec Lucilius une correspondance régulière, il lui fait part de ses lectures, il lui envoie ses livres annotés de sa main, il est toujours en pensée auprès de lui; il regrette pourtant de ne pas l'avoir à ses côtés; il le regrette pour lui-même autant que pour son ami; car, sous un rapport, l'enseignement ressemble encore à l'amitié; il est un échange de services, il vaut également pour celui qui le donne et pour celui qui le reçoit. « Vis, dit Sénèque, avec ceux qui peuvent te rendre meilleur ; admets en ta société ceux que tu peux rendre meilleurs ; il s'établit en cela un échange, et, en enseignant, on s'instruit l. »

En résumé, l'amitié est la condition de l'enseignement. C'est sur le modèle des relations d'amitié que les écoles s'organisent, et c'est sous la forme d'une conversation amicale que l'enseignement s'y donne.

b) L'enseignement de V amitié.

Enfin l'amitié, après avoir servi à constituer l'enseignement philosophique, devient elle-même un des objets de cet enseignement. On la considère comme une vertu ou

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