‹ L'amitié antiqueChapitre 58 sur 194 · Sé.nèque, Ép., IX · texte numérisé non relu

Sé.nèque, Ép., IX

qu'il le pratique. Il disserte en philosophe sur l'amitié. II appartient tout ensemble à une époque de réflexion avancée et de mœurs naïves. Après lui, ou bien les philosophes feront de l'amitié un objet de spéculation pure, et ils diront comme Aristote : « 0 mes amis, il n'y a point d'amis ! », ou bien, s'ils s'appliquent, comme Epicure, à la répandre, ce sera dans un but de propagande philosophique. Aucun d'eux n'aura assez de naïveté ou de subtilité pour ériger la négociation des amitiés en art. De Socrate dérivent les fondateurs d'hétairies, les purs philosophes, les moralistes et les casuistes qui traitent de l'amitié. Et il est le maître incomparable, parce qu'on sent l'homme derrière le philosophe, parce que ses théories ont l'accent de la parole vivante, parce que tout son art est sorti de son cœur.

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