‹ L'amitié antiqueChapitre 59 sur 194 · V. — Rôle de l'amitié dans la vie antique · texte numérisé non relu

V. — Rôle de l'amitié dans la vie antique

La place que les Grecs ont faite à l'amitié dans leur vie, et parlant dans leurs théories morales, est à peu près celle que nous accordons aujourd'hui à l'amour. Dans la civilisation antique, d'où la femme est exclue, on rencontre, au même degré que la méconnaissance de l'amour, l'intelligence et le culte de l'amitié. L'affection dans laquelle les Grecs ont mis tout leur cœur, c'est l'amitié. On peut dire de chacun d'eux ce que Zeller dit de Socrate : « Sa conduite personnelle ne nous révèle en lui qu'un goût médiocre pour la vie domestique; ses besoins sociaux et personnels sont satisfaits par les relations d'amitié avec les hommes *. » Inversement les modernes, qui pratiquent et honorent l'amour, connaissent peu l'amitié. Elle vient, pour eux, après les affections domestiques, elle est un charme, elle n'est pas un besoin. Elle est chère seulement aux natures délicates, c'est le luxe de la vie morale.

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