Fustel de Coulanges, la Cité antique
3. Cf. Xénophon, Économique, VII, 10, 11. — Mémorables, II, n, 4. — Plutarque, De l'Amour.
■peinent de l'amour grec et de la prostitution. « L'amour, ne trouvant dans le gynécée rien de ce qui l'éveille et le nourrit, émigra » (Fouillée). Notons encore, comme signe de l'effacement des femmes, la faveur et le crédit des courtisanes. Elles joignent à l'attrait de la beauté la supériorité de l'esprit; elles sont des personnages considérables. Aspasie enseigne l'éloquence, puis dirige la politique à Athènes; Théodotè est l'objet d'une curiosité sympathique; Socrate se rend chez elle avec ses disciples pour •admirer sa beauté l.
L'épouse grecque pouvait-elle se consoler de n'inspirer point l'amour? Le respect lui en tenait-il lieu? Oui sans doute, mais encore est-ce moins la femme même qu'on respectait en elle << que la sainteté de la famille et l'intégrité de la race 2 ». Cependant elle a gagné de bonne heure la confiance de son mari. Xénophon trace un tableau enchanteur de lunion conjugale : il nous montre, dans 1' 'Économique, la femme devenue la compagne de son mari, sa confidente, son associée. Mais sa peinture, supposée historiquement exacte, n'attesterait pas encore un sensible progrès des idées et des mœurs. En effet, les considérations économiques dominent ici les idées morales. Ce n'est pas proprement la dignité de la femme qui se trouve relevée, c'est son rôle dans la maison qui est mieux défini, ce sont ses attributions dans le ménage qui s'étendent. Xénophon enseigne l'art de s'enrichir. « La sagesse, pour l'homme et la femme, dit-il, c'est d'administrer le mieux possible ce qu'ils ont, et de l'augmenter le plus qu'ils peuvent par des voies honnêtes et justes :i. » Il se