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sonne. Ainsi, parce que la ressemblance dans le bien se rencontre chez les amis, elle ne doit pas être prise pour le principe de l'amitié. La coïncidence, môme constante, de l'amitié et de la bonté n'indique point que l'une dérive de l'autre. On dira que l'amitié naît du contraste, que le pauvre aime le riche; que le faible aime le fort ; le malade, le médecin; l'ignorant, le savant; d'une manière générale, que tout homme aime et recherche son contraire, parce qu'il trouve en lui ce qui lui manque. Mais, pour se rendre compte que le contraste n'est point la vraie raison des amitiés, qu'on le pousse à l'extrême; on verra que l'amitié ne peut être l'amie de la haine; la justice, de l'injustice; la tempérance, de l'intempérance: le bien, du mal.
Si donc ni la ressemblance ni le contraste ne fondent l'amitié, d'une part, les bons ne seront pas les amis des bons, les méchants, des méchants; de l'autre, les bons et les méchants ne seront pas amis. Mais il y a une troisième classe d'hommes, ceux qui tiennent le milieu entre les bons et les méchants, sans être ni l'un ni l'autre. Si l'amitié existe, c'est parmi eux qu'elle devra se rencontrer. Les amis se divisent en: ceux qui aiment et ceux qui sont aimés. Ceux qui sont aimés sont bons, car on ne peut aimer que les bons; mais ceux qui aiment ne sont ni bons ni méchants l. Platon explique à l'aide d'exemples ce qu'il entend par ni bon ni méchant. Le corps, en tant que tel. n'est ni sain ni malade, ce qui peut se traduire par ni bon ni mauvais, le bien et le mal s'appelant, par rapport au corps, santé et maladie. Or, le corps est ami de la médecine, laquelle représente pour lui un bien. De même, les philosophes ou amis de la sagesse ne sont ni sages ni ignorants, car ceux qui possèdent la sagesse ne la désirent pas et ceux qui l'ignorent ne la désirent pas non plus2. L'amour.