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métaphysique. La vérité psychologique est plus large et concilie les contraires. Écartons d'abord la pensée que le mal est la cause de l'amour ; quand même il n'y aurait plus aucun mal, il y aurait encore des désirs, comme la faim et la soif, et l'on aimerait la chose qu'on désire. Le vrai principe de l'amitié, c'est donc le désir l. Le désir est comme le mouvement, il ne peut être défini. On définit en effet une chose, non un progrès, ce qui est, non ce qui devient. On indiquera les points entre lesquels le mouvement se produit, à savoir le point de départ et le point d'arrivée. De même, on dira quelle est l'origine et lajînde l'amour. Mais on ne dira pas ce qu'est l'amour même, car le langage est impuissant à traduire tout ce que la conscience saisit. Par exemple, l'amour de la sagesse tire son origine de l'ignorance et a pour /m la science; il est donc le milieu entre l'ignorance et la science ; ou plutôt, il est la tendance à passer de l'une à l'autre. Ainsi s'expliquent les attributs en apparence contradictoires de l'amour. L'amour est une imperfection, car c'est une imperfection de manquer de quelque chose, et le désir suppose que l'on manque de la chose que l'on désire. C'est pourquoi Agathon avait tort de lui attribuer toutes les perfections et d'en faire un dieu. L'amour n'est pas beau; mais il désire la beauté; il n'est pas sage, mais il désire la sagesse. 11 n'est pas non plus dieu; car, outre qu'un dieu est beau et sage, il est bienheureux, et l'amour ne fait qu'aspirer au bonheur2.
Qu'est-ce donc que l'amour? C'est un démon, c'est-àdire un être qui tient de l'homme et du dieu et qui relie l'un à l'autre. En langage psychologique, cela veut dire que l'amour témoigne de notre misère et de notre grandeur : de notre misère, car mieux vaudrait, comme les