Tpi-cxat In.Ouiùcr.:, Rép., IX
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encore l'amour terrestre ou vulgaire. C'est « l'amour des corps », dans toute sa brutalité et sa bestialité '. Il se rattache à l'uëptç, ce principe d'aveuglement d'où naissent les passions coupables 2. C'est une « maladie » et une « folie 3. » L'amour concupiscible tire son nom de sa violence (epwç de lû^wtjLÉvoç, Phèdre, 238 C). Il est représenté, dans l'allégorie célèbre du Phèdre, sous les traits du cheval noir aux membres tortus, épais, ramassés, à la tète grosse, à l'encolure courte, aux naseaux aplatis, aux veux verts et veinés de sang, qui ne respire que fureur et vanité, dont les oreilles velues sont sourdes à la voix du cocher et qui n'obéit qu'avec peine au fouet et à l'aiguillon.
L'amour concupiscible n'a d'amour que le nom. Il est aveugle, inconstant, il peut faire place à la haine; pendant môme qu'il dure, il est ombrageux, jaloux. 11 déshonore ceux qui en sont l'objet. Il faut donc le fuir comme un danger, au lieu de l'envier comme une faveur. Ainsi s'exprime Lysias dans le Phèdre. Socrale dit plus nettement encore que le fond de cet amour est l'égoïsme. L'amant ne demande à l'aimé qu'une complaisance servile; il le veut inférieur à lui, c'est-à-dire, ignorant dans son àme, efféminé dans son corps; il se réjouit de le voir sans fortune, sans famille, sans amis; dans l'intérêt de son bonheur, à lui, il souhaite le malheur de celui qu'il aime et son amour produit les effets de la haine. L'amant n'est pas seulement funeste à l'aimé, il lui est encore souvent déplaisant et odieux, par exemple dans le cas des amours entre adolescents et vieillards. L'amant lui-même, après qu'il a connu la satiété elle dégoût des plaisirs, ne se souvient que pour en rougir de la passion honteuse qui l'a possédé et trahit les promesses qu'il a faites à l'aimé. L'amour concupiscible
1. Banq., 181 15 ; Phèdre, 237 D, 238 A, 250 E, 256 C ; Lois, 837 C.
2. Phèdre, 2IÎ8 A. Sur l'&Sp-ç, voir Girard. Du sentiment religieux en Grèce, p. 113.