Noasîv. xa/.w; çppoveîv, Phèdre, 231 I
est donc une duperie. « L'amant aime l'aimé comme le loup aime l'agneau l. »
Cet amour ne peut être appelé amitié, par la raison qu'il ne peut pas être appelé amour, c'est-à-dire parce qu'il est un égoïsme farouche, parce qu'il recouvre un fond de déloyauté, de malveillance et de haine. Platon ne dit pas simplement que l'amour concupiscible ne peut être de l'amitié, en raison de sa nature, de son caractère erotique. La distinction entre l'amitié et l'amour n'a pas, en effet, pour lui, un sens aussi net, aussi tranchant et aussi absolu que pour nous. C'est ainsi que, décrivant l'amitié d'Ilippothalès pour Lysis, il lui donne tous les traits de l'amour. Hippothalès a toujours à la bouche le nom de Lysis, il chante ses louanges à toute heure, en vers et en prose, et il rougit, se dérobe, quand on lui demande le nom de celui qu'il aime. Si Lysis se môle à un groupe d'amis, Hippothalès se tient à l'écart et, sans être vu, le contemple d'un regard avide. Ce sentiment aux allures inquiètes, aux façons étranges, a beau être empreint d'une pudeur charmante : il ressemble fort à l'amour; c'est un amour naissant de forme indécise, un amour ingénu. Mais il suffit qu'il soit vrai, sincère, sans mélange d'intérêt, de jalousie ou de tout autre sentiment voisin de la haine, pour qu'il prenne place dans la dialectique du cœur, quel que soit le nom qui lui convienne, qu'on l'appelle amour ou amitié.
b) L'amour iuascible.
L'amour irascible s'oppose à l'amour concupiscible en ce qu'il a pour objet le bien et pour caractère d'être tempérant 2. C'est l'amour des âmes et non des corps. Il est si bien détaché de l'attrait sensible qu'il ne se rencontre qu'entre individus de même sexe, bien plus du sexe mâle,