Diogène Laerce, II
2. Ul enim virtutes, sic amicitiam negant posse a voluptale discedere. — Quœque de virtutibus dicta sunl, quemadnwdum eœ semper voluplatibus inhœrerent, eadem de amicilia dicenda sunt. Cicéron, De Fin., I, xx, 06,68.
passer d'eux et de leurs services. Mais il ne nous suffit pas, pour aimer nos amis, de sentir à quel point leurs services nous sont nécessaires. Il y a loin encore de la reconnaissance à l'amitié. Épicure le reconnaît et distingue deux formes ou degrés de l'amitié, à savoir l'amitié qui se fonde sur l'intérêt et celle qui repose sur l'attrait ou le charme.
« L'amitié commence par le besoin; mais elle se soutient par les jouissances de la vie en commun l. »
« L'amitié non seulement garantit très fidèlement, mais encore produit le plaisir autant pour nos amis que pour nous 2. »
Ceux qui sont assez heureux pour vivre avec des hommes de même tempérament et de môme opinion ont trouvé de la sûreté dans leur société ; cette disposition réciproque d'humeur et des esprits a été le gage solide de leur union, elle a fait la félicité de leur vie3.
Nous avons de la reconnaissance pour nos amis, en tant qu'ils sont notre soutien, notre recours : nous avons pour eux de l'affection, en tant qu'ils sont notre réconfort, notre joie. Nous passons de l'un à l'autre de ces sentiments ; ou plutôt, nous les éprouvons ensemble.
Sans l'amitié, dit Cicéron, exposant la thèse épicurienne, nous ne pouvons en aucune manière posséder un bonheur solide et durable; mais nous ne pouvons conserver l'amitié, si nous n'aimons nos amis comme nous-mêmes'4.
En d'autres termes, il est de notre intérêt d'avoir des amis ; mais nous n'en pouvons avoir que si nous renonçons à la poursuite de notre intérêt.
Il y a là, semble-t-il, une contradiction manifeste. Tou-