‹ L'amnésieChapitre 21 sur 34 · I. ÉPILEPSIE · texte numérisé non relu

I. ÉPILEPSIE

Il est à peine besoin de rappeler l'intérêt qui s'attache en médecine légale aux équivalents psychiques de l'épilepsie. Il suffit d'avoir présents à l'esprit les faits si singuliers relatés par Trousseau, Falret, Lasègue, Magnan, Christian, Legrand du Saulle, Motet, Féré, etc. Paul Garnier, en a réuni un nombre important dans le mémoire déjà ancien qu'il a présenté à l'Académie de médecine sur la question mise au concours : « Les vertiges avec délire », ouvrage auquel a été attribué le prix Falret. Le rapporteur, M. Mesnet, s'est attaché à montrer l'importance de ces documents cliniques pour la médecine légale. Ce qui se dégage nettement de l'ensemble des faits, c'est que l'acte qui surgit à l'occasion d'un vertige, d'une absence, a pour caractères fondamentaux : Y automatisme , Y inconscience , Yamnésie, trois phénomènes qui s'appellent entre eux où se commandent.

Il convient de rester sur cette base médico-légale et l'expert ne doit pas se laisser troubler par l'intro-

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duction, parmi des notions si précieuses et si générales, de faits souvent contestables.

V amnésie simple des épileptiques n'a d'importance en médecine légale que si elle s'étend sur une période comprenant l'acte discuté, que cet acte soit une vente, une donation, un testament, ou bien un crime, un délit, un acte dommageable quelconque en un mot.

Or, pour caractériser comme simple l'amnésie alléguée, le médecin commis doit en déterminer avec soin l'étendue. Un des signes les plus importants pour la fixation du point de départ de l'amnésie est le souvenir de l'aura, lorsque ce souvenir existe ; mais si le malade n'en a pas conservé la mémoire, ce qui est le plus fréquent, l'expert sera généralement dans un grand embarras, pour fixer le moment du début. Il y a peut-être d'ailleurs plus d'intérêt à établir le moment précis où la crise a pris fin, car un état crépusculaire consécutif à celle-ci doit être considéré comme en dépendant, au point de vue juridique.

Les hypothèses à examiner relativement à la perte simple des souvenirs peuvent être résumées avec Maxwell1 de la manière suivante.

a. On peut être en présence de convulsions ou phénomènes du même ordre, sans actes coordonnés. Il est bien clair que dans cette hypothèse aucun acte volontaire proprement dit n'a pu être accompli. Dès

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