JJ
“Nons n’examinons \ pas qui est responsable en ceci; mais nous disons qu'on a eu raison de donnér à ces procédés l'apprétiätion suivante :
*‘La conduite tenue était la lus imprudente que l'on püt adopter et ne peut être attribuée qu'à l'infatuation."”
Ce jugement sévère, mais juste est celui d'une plume officielle. Ce n’est pas tout ; des autorités non esuspectes font connaître au gouvernement canadien les troubles änticipés de ln Rivière- Rouge.
On ne s'en inquiète point, on se dit au courant de tout : et, le 29 Septembre de la même année, sous le Grand Soeau du Canada, on remet à l’hon. W. McDougall C. B. une-commission le nommant : ‘ Lieutenant-Gouverneur des Territoires du Nord-Ouest, et ce, en vue du tränsfert des Territoires du . Nord-Ouest susdits au gouvernement du Canada.’
Puis au mois d'Octobre Sor Honneur le futur lieutenant-gouvérneur canadien, se mit en route avec. 350 carabines et 31) mille cartouches [circonstance qu’on n’omét pas de publier sur les journäux] pour aller s’établir dans un pays où le Canada n'a pas le moindre autorité, et qui, de fuit, ne lui fut transféré qu'au mois de juillet dé l'année suivante.
Après de pareils procédés il n’est pas étonnant de lire ce qui suit dans la dépêche du Comte Granville adressée à Sir John Young le 30 Nov. 1869:
Fa biere à Le gouvernément du Cünads. sq. di entreprit de faire des arpentages:...., et chargea le futur lieutenant gouverneur d’entrer dans les Territoires Je} 419 Il parait que M. McDougall a rencontré ‘une résistance armée et que dans les troubles occasionnés par sa présence. . . . . . Le Gouvernement canadien, après avoir, par cette mesure, occasionné des troubles dans un territoire. . Nous soulignons le mot ‘occasionné’’ employé deux
‘fois par le Très-Honorable Seerétaire d'Etat pour les Colonies,in- -diquant ‘aû gouvernement: canadien que ce sont les mesures adoptées par lui qui sont l’oceasion des troubles.
Cette vérité semble auési réconnue par le rapport d’un comité
.de T'Honorablé Conbéfl Privé du Canada, en date du 15 décembre
1869, ‘faisant allusion aux mêmes événements :
“fa résistance de cètte popvlation égarée n'est évidemment pas dirigée contre la Souveraineté de Sa Majesté, ni contre le gouvernement de la Compagnie de Ja Baie d'Hudson, mais contre la prise de possession par le gouvernement du Canada.”
Les choses .s'envenimèrent à la Rivière-Rouge parce qu'on n'appcria sucun remède au mal, et qu'au Contraire, le soi-disant parti canadien réussit à précipiter les agents autorisés du Cana. da.dans une voie bien dé; lorable.
Le ler décembre, le lieutenant gouverneur canad cu lauça une proclamation dans laquelle “il se,sert du. nom de ln Reine sans von autorité , attribue à Sa Majesté des actes qu'elle-même n'a #as encore accomplis, assume l'autorité de lieutenant-gouverneur qui ne lui appartient pas légalement et tend à détruire les pour “oirs du-seul gouverneur légal , du pays’ qui, de fait, renonça à son autorité la croyant éteint nar cette proclamation dont il ne «oupçonnait pas la nullité.
Le même jour; le même futur Lieutenant-Gouverneur du Norduest émane une proclamation par laquelle il nomme John Stongton Dennis, comme son ‘liéutenanit et conservateur de la paix dans'les Territoires du Nord-Quest et à ce titre.et. comme ‘tel l'autorise:à lever, organiser, armer, équiper, et approvision- ‘ner une force suffisante dans le dit territoire,et avec la dite force
‘attaquer, désarmer, et disperser, les. susdits hommes armés... à assaällir, faire feu, abattre, renverser où enfoncer tout fort, “maison, retranchement ou autre place où ces, hommes: armés “pourront se trouver.
Sur ce, le colonel. Dennis, employé Cnondian, nommé par Lu soi disant Lieutenant-Gouverneur Canadien,pénètre dans unitervi- ‘ toïre qui n'appartient pas au Canada, se saisit d'un Fort, le gar- ‘nisonne avec des sauvages, fait appel aux armes et, de fait, enu-
rôle, arme et équippe tous ceux qui répondent à cet appel.
Il n'est-pas étonnant, après cela, de lire la verte seonce que A'Honorable Secrétaire d'Etat pour les Provinces adresse à l’Ho- -worable W. McDougäll, dans une dépêche datée d'Ottawa.le 24 déc: 1869, où on lit, entre autres choses :
“Ilne fallait pas brusquer intempestivement, même sous la “sanction de la:lei, de recours à-la force militaire. Mais comme J'organisation de cette force armée l':us ces circonstances était un acte illégal, le gouverneur:gêér£r»: et Le conseil ne sauraient vous déguiser le poids de la respo:.sabilité qui pèse sur vous. :
‘ La réception de votre dépêche du 6 courant, qui. m'est parvenue le 23, avec les documents 2 À. 2 B, et 2 C. et la conduite tenue par le colonel Dennis, telle que relatée dans ces documents,
“sm'ebligent à à vous envoyer la présente sans délai, par un m essa- ‘ger spécial. ‘ :
ne tt tbe RÉ ÈS. T
ss DE dm
“ Je regrette d'avoir à vous informer que ce rapport n'a fait
qu'augmenter les appréhensions du gouverneur-général et de
| son Conseil. : Il'éët vrai qu’il n'y avait pas encore ei effusion de
sarig jusqu'au 6, el que vous n'aviéz pas encore réalisé votre in-
| tention d'oceuper la palissade près de Permbina, avec une force armée, mais les démarches du colonel Dénnis, telles que rappor- | | tées par lui-même sont si extraordinaires et si condamnables,que
; l’on ne saurait s'empêcher ici d'avoir de sérieuses appréhensions S de voir confier votre autorité à un officier aussi imprudent. | ( Si les habitants de la Terre de Rupert se fussent coalisés con-
tre les insurgés, Ou si le gouverneur MeTavish eût organisé une
force armée pour occuper ser forts et maintenir son autorité,
c'éût été fort bien. et Riel eût été seul responsable du sang k qui eût pu être répandu et des propriétés qui auraient êté déà truites. Mais le colonel Dennis, sans aucune autorisation légale, : s'enipare du fort, y met une garnison composée de blancs et de. 1 saüvages et se propose de livrer combat aux insurgés, s’il pou-
# Û vait opérer sa jonction avec une troupe qu'il avait fait exercer
| sur l’Assiboine. Il semble n'avoir jamais compris que du moment
e que la guerre était commencée. les blancs restaient à la merci
É des Indiens, qui en eussent fait bon marché, divisés comme ils l’étaient.
“Il est impossible de lire le rapport concernant les efforts
+1 faits par le colonel Dennis auprès du juge Black pour le déterm:« mer à l'aider à proclamer la loi martiale, sans regretter profondé ment que vous ayez envoyé pour vous représenter dans la colo- 7 nie un homme d’aussi peu de jugement., Il n'est pas surprenant que le juge Black ait été effrayé de cette proposition, sachant 4 que le colone: Dennis aurait à répondre, devant la justice, de
94 chaque vie perdue par sa faute, et que toute arrestation illégale d’un sujet américain provoquerait de suite une intervention des
" Etats-Unis et conduirait à de sérieuses complications.
ne x “ J'ai, etc,
ait É ‘ Josspa Howe, ”
ent | L'Honorable M. Howe en appréciant avec une sévère justice la
conduite des Agents Canadiens, omet de mentionner une consé-
pe quence qui n'échappe pas au comte Granville dans la dépêche
ite que le noble Lord ‘adresse à Sir John Young, en date du 16 Jan-
a ts, vier 1870, déjà citée:
BSa- “ Je regrette .oncore, hbién plus sérieusement la proclamation | émanée par M. McDougall et là commission envoyée par lui au
Colonel Dennis. 2
‘Ces procédés ont certainement augmenté l:rezponsahi lité du Gouvernement Canadien. ”’
Toutes ces choses n’ont déjà été que trop dite:, et si nous les répétons, ce n’esi que pour exprimer le ragret que le Canada ne nous ait pas permis plus tôt de les laisser dans l’oubli, en tirant de suite la conséquence que lui indiquait la responsabilité encourue. Nous ne parlofs pas de tous ces procédés regrattables, pour rappelcr ces souvenirs amers, tout au contraire, nous faisons aux circonstance: la plus large part possible,
Nous admettons volontiers la bonne foi et le meilleur motif du monde dans ceux qui ont commendé ; dans ceux qui ont obéi, le mérite qu'il y a à risquer sa vie pour une cause que l'on croit légitime. Les faits précités réduits à leur plus grande nudité, et légagés de tout ce qui peut en augmenter l’odieux. ne peuvent pas manquer pourtant de prouver que des agenis autorisés du Canada ont fait des æcves illégaux, voire même cri. mupels, des actes qui ont amené les plus déplorables corséquen. ces, et, en disant cela, nous ajoutons : le Canada coupable par les siens, devait sriliciter l’Amaistie, la presser par tous les moyens en son pouvoir. Oui, il devait demander à notre Gracieuse Souveraine d'amnistier les agents de son Gouvernement qui avaient occasionné des troubles dans les territoires du Nord- Ouest : il devait demender l'Amnistia pour ceux qui croyant à la parole de ses agonts, les avaient secondés et aidés dans des actes repréhensibles. Le Canada devait aussi demander l'Amnistie pour ceux que ces actes téméraires avaient excités à ue résistance devenue plus légitime que l'attaque.
Nous disons ‘ plus légitime que l'attaque pour entrer dans la pensée de l'Honorable Secrétaire d'Etat pour les Provinces ; pensée exprimée ainsi i dans les dépêches dort nous venons de citer un long extrait.” Il était également évident que si vous étiez revêtu du pouvoir de gouverner et que vous ne pouyiez entrer dans le “ territoire, ni exercer aucune autorité, votre faiblesse donnerait au gouvernement une nouvelle force et il serait en effet, {la proclamation eyart destitné le Gcuverneur McTavish]
. le seul Gouvérnement du pays jusqu'à ce qu'il fût détruit par la force des armes.
Cette pensée est; plus clairement ex nidstéde encore dans le r8pport de J'Honorable Conseil Privé en daté du 16 Dévembre, avant que l’on apprit la proclamation lancée à Pembina le ler
. du même mois. Ce rapport, déjà cité en partie, dit aussi: ‘La proclamation qui mettra £n au Gouvernement dé la Baie d'Hud-
sonn'inaugurerait pas l'établissement de l'autorits canadienne. L'établissement de ce gouvernement est physiquement impossisible tant que la résistance armée ne cessera pas, l'on n'obtiendrait ainsi qu'un état de confusion et d'anarehie, ce serait donner une exislence légale à tout gouvernement de fucto, formé par les habitants-pour la protection de leurs vies et de leurs propriétés."
Si des horomes aussi éminents ont pu exprimer une pireille opinion relativement aux proclamations et aux armements du commencement de Décembre, que dire du mouvement qui. se produisit deux mois plus tard, et qui eut le déplorable résultat de causer la mort de Sutherland et de Parisien d'une part, et Pexécution de Thomas Scot: de l'autre. Encore une fois, nous ne signalons ces lamentables circonstances que parce que nous aurions voulu voir le Canada prendre les moyens de les faire ensevelir dans l'oubli, Cette fois, il est vrai, ce ne sont pas les agents accrédités du Gouvernement Canadien qui ont fait un appel aux armes. Il faut pourtant tenir le Canada responsable Àe ce mouvement, puisqu'il ne s'est produit qu’à l'instigation des Canadiens, et, qu'en réalité il étaii la répétition et la conséquence de celui de Décembre: Jamais les habitants natifs de la Rivière- Rouge n'auraient pris les armes les uns contre les autres, jamais personne n'aurait été tué, au milieu des difficultés politiques de ce pays, si le Canada n'y avait pas exerc5 une influence indue.
Donc sn définitive, le Canacs, comme nation, a assumé une immense responsabilité dans tous les troubles du Nord-Ouest, et il était de son devoir de faire tout ce qui dépendait de lui pour obtenir l'amnistie et compléter ainsi la réparation possible à laquelle il était tenu en honne’r et en justice.
Le Gouvernement du Canada a-t-il par ses agents accrédités fait quelque promesse d'amnistie ? À cette demande nous répondons sans hésitation ; oui, cette promesse a été faite, faite à plu. sieurs reprises, faite par parole, faite par écrit.
Que le lecteur veuille bien se rappeler ce que nous avons dit plus haut. En parlant de l'amnistie par le Gouvernement Fédé. ral, nous ne parlons que de son action auprès de Sa Majesté, ou de la connaissance qu'il pouvait avoir des intentions de notre Gracieuse Souveraine à cet égard.
Pendant notre séjour à Ottawa, en Février 1870, nous eûmes
de longs et de nombreux entretiens avec ls ministres fédéraux, avec ceux surtout qui étaient particulièrement chargés de s’ocet:per. des affaires du Nord-Ouest, Par une décision du. Conseil Privé, prise en notre présence, tous les docunents ayant trait à. ces affaires nous furent conimuniqués, nous eûmes le loisir de les étudier, d'en recevoir des explications. Nous vimes les ministres seuls, nous les vimes ensemble, nous les vimes avec le gouverneur-général,
On nous parla librement,ce semble, et on nous pria de répéter au peuple de la Rivière-Rouge, ce qu'on nous disait à Oitawa. Une idée unique semblait dominer la situation; on voulait la pacification sans violence, sans recourir à la force, sans vengeanre et sans rancune.
Il ne s'agissrit ni de subjuguer, ni de conquérir, mais simplenent &e gagner l’assentiment et la volonté du peuple de la Rivière-Rouge. Un nous parla8i uniformément et si constamment sur ce ton, qu'à moins de nous reconnaitre doué d’une stupidité, que nous n'admettons pas, ñous devions croire'que Son Excellence avait raison de nous écrire à la suite de tous ces entretiens, ‘“ Vous êtes parfaitement au courañt des vues de mon Gouvernement. ”?
Toutes les conversations que nous avons eues avec les Ministres Fédéraux, tous les renseignements qui nous ont été rourais par eux, tout tendait à nous convaincre que l'amnistie était la moindre des difficultés, et qu'en réalité les dispositions du gouvernement canadien étaient telles qu'il méritait les félicitations que lui avait adressées le comte Granville dans la dépêche du & janvier déjà citée: ‘* Je remarque avec beaucoup de satisfaction le vif désir manifesté par le gouvernement canadien d'éviter toute collision avec les insurgés de la Rivière-Rouge et d’épuiser tous les moyens d'explication et de conciliation.” Hn'est pas difficile de juger l'impression que dut faire sur notre esprit un témoignage venu de si haut et commenté avec la complaisance légitime que les ministres fédéraux ressentaient de l’approbativn de leur conduite par le cabinet de Si Majesté.
Néanmoins comme on à été jusau'à dire que “ nous n'avions peut-être pas compris” üu que nous avions mal interprété 14 pensée du gouvernement, nous voulons continuer de donner les preuv)s de ia conviction qui, seule, a pu inspirer nos paroles,
+ Ms
Le 16 février, l'Honorable Secrétaire pour les provinces nou, nager la lettre suivante:
Ottawa, 16 février, 1870.
A Sa Grandeur ietiois de St Boniface : 2
Monseigneur, { *HpAI
Son Excellence le Gouverneur-Général ha chargé de vous remercier de l’empressement avec lequel] vous avez mis Vos services à la. disposition du gouvernément, et entrepris un Re pénible en hivér, afic d'aider, par votre puissance et votre inflüence, à ja répression déc troubles imprévus qui ont surgi dans le Nord-Ouest,
Pour vôtre information, j'ai l’honnéur de vous transmettre :
10. Copie des instructions données à l'hble. Wm. pique rs 7 28 septembre dernier ;
20. Copie dé Hbuveles instructions adressées à M. Williara McDougall le 7 novembre ;
‘ 86. Copie d’ane lettre renfermant des instructions au Rév. Vicaire Crénéral Thibeatlt le 4 décembre :
40. Copie d’une prpclamation de Soi Excellence le Gouverneur:Gt. néral aux habitants des territoires du Nord.Ouest, émise selon le désir exprimé par la Reine ;
5o. Copie d’une lettré adressée au Secrétaire d'Etat par Donald A. Smith, écuyer, de Montréal, datée du 24 novembre ;
60 Copie d’une léttre renférmant des instruétions adressées par moi à M: Smith le 10 décembre dernier ;
70 Lettre semi-officielle du ministre de la justice à M, Smith du 3 janvier 1870, aussi ;
80 Copie de la commission donnée à M. Smith, le 17 ue 1870.
La proclamation émise par MM. Dougali, à ou près Pembina, et la commission donnée au colonel Dennis ayant été publiées dans les journaux canadiens et trés répandues à la Rivière-Rouge, me vous sont pas transmises pour la raison légitimé qu’il vous est facile de les avoir ; meis il est important que vous sachiez que les actes qui ont mis en danger pendant un temps, la vie et les biens de ja population de la,
{'erre de Rupert, ont été désavoués #t condamnés sur le champ par la. “«mveraement de ce pays ainsi que vous le verrez par dépéohe à M. # Jougall en date du 24 décembre dont copie est ci-incluse,
UÜ:3 documents indiqueront à Votre Grandeur quelle était et quelle ed la poiit.que à le RUE VER ON canadien veut établir au re Ousst.
Le peuple canadien n’a aucun intérêt à créer dans la terre de Rupért des institutions que l'opinion publique condamnerait il ne désire pas aon plus voir une population jalousé de ses droits vivre dans ie mécontex
ur An
tement et l'insubordination par l'imposition d'un. mauvais système de gouvernement, état de chose pour leque' ne sont pas. faits les, sujets britanniques. Ce qu'il espère, c’est l'établissement d'institutions calquées sur celles dont jouissent les autres provinces, et il régretterait amèrement que les libertés civiles et religieuses de toute ‘à population ne fassent pas suffisamment protégtes par les a net M temporaires que ,1 prudence peut aujourd’hui suggérer.
Une conyention a été convoquée, et elle siége naines au Fort Garry, dans le but de consulter le peuple sur les pouvoirs que le. pate ment peut sagement lui conférer et sur ceux que la législation. locale devrait être appelée à exercer. Lorsque les travaux de cette convention seront communiqués au Conseil Privé, rous pouvez vaus attendre à recevoir une autre lettre 4e moi, et s'il acrivait qu'en route il vous fût donné connaissance des décisions de cette convention, Son Excellence, serait heureuse d’êfre favorisée de toutes les, observations que vous pourrez avoir le loisir de lui présenter à ce sujet.
‘ Vous savez déjà qu, le Très Révérend Vicsire Général Thibault, M. Donald A. Smith ei le Colonel Charles, de Salaberry sont rendus daps la terre de Ru, : * chargés d’une commission du Gouvernement,
Sous ce pli se trouvent «.; lettres destinées à ces messieurs et vous m’obligerez en les leur faisant ten’. Le désir de Son Excellence est que vous coopériez avec ces messieurs dans ieurs efforts pour amener use paisible solution des difficultés survenues dans ies territoires. du Nord Ouest, difficultés qui ont causé beaucoup d’anxiété à Son Excellence, mais qui, j'en ai l'espoir, ae tarderont pas à disparaitre, grâce à nos communs efforts.
J'ai, etc., [Signé] Josxea How£.
Inutile de dire que le fait seul de démander à un Evêque et de le prier d'aller travailler à la pacification d'unë population sou. mise à sa juridiction spirituelle, que ce fait seul eitraîne l'idée d’amnistie de la part des autorités, puisqu'il se relie à l'idée de soumission volontaire de la part des subordonnés. e Pasteur d’un peuple en est le pere, et on ne peut pao raisonnablement pénser à en faire un gendarme ni un huissier, c'est donc un message essentiellement de paix qui nous était confié, Aussi le désir du gouernement de son Excellence était que nous coopérassions avec ceux qui nous avaient devancés ‘‘ dans leurs efforts Pour amener une paisible solution des difficultés survenues dans le Nord-Ouest. ”’
Un mot d'explicatian su: ies documents qui nous f rh, cou-
pe è e te À È
fiés: lo et 20. Copies des instructions données à M. MacDougall à différentes époques rous furmt. reraises comme preuves des intentions bienveillanies du gouvernement canadien.
3. La lettre de l’hono:able secrétaire d'Etat pour les Provinces au Très-Révd. J. B. Thibault, V.G, contient les passages suivanñts :
{t Ottawa, 4 décembre, 1869.
“ Monsieur,
J’ai reçu erdre de Son Zxcellence le Gouverneur-Général de vous faire part, sous forme d'instructions pour votre gouvernement, der raisons sur lesquelles se fonde l’espoir entretenu ici quant au plein succès de,votre mission de paix et de conciliation... .,...,..,...
Si-ie gouvernement de la reine, ou le gouvernement de la Puissance avait imité la conduite téméraire et insensée 1le ceux Qui ont pris part à ces troubles, il y aurait eu avant ce mouvement du sang de répandu, la guerre civile ravagerait aujourd’hui la Terre de Rupert, et, pareille à l'incendie qui dévore ja prairie, elle aurait déjà dévasté la frontière. Heureusement que des conseils plus calmes ont prévalu tant en Angleverr: qu’à Ottawa. La proclamation du représentant de la reine, dont il vous sera ivurni des copies en anglais et en français, va porter à son peuple les paroles solennelles de Sa Souveraine,qui, possédant l'ample pouvoir de faire prévalair son automité, se fie à sa 1 yauté et à son attachement au trône.
does see one none or eee moreee creer s .…..
Je ne crois pas qu’il est nécessaire de faire plus que blâmer en passant les actes de folie et d’indiscrétion attribués à des personnes qui ont pris sur elles de représenter la Puissance et de parler en son nom, mais qui ont agi d'après leur propre responsabilité et sans la connaissance où sanction de ce gouvernement,
En entreprenant, à c«tte rude saison de l’année, ün aussi long’ voyage pour le service public, vous faites preuve, monsieur, d’un esprit de patriotisme qui, j'ai ordre de vous en donner l'assurance, est pleinement apprécié par le représentant:de la Reine et par le Conseil Privé."
Mousieur Thibault avait blanchi dans les missions de la Rivière- Rouge et du Nord-Ouest. Pendant 37 ans, il avait exercé les labeurs de son apostolat parmi le peuple qui habite ces vastes régions. C’est assez dire qu'il les aimait.
Ce vénérable missionnaire prenait quelquer mois de repos à Cuëbec, on va le chercher dans sa paisible retraite ; malgré ses ‘heveux blancs et 885 infirmités, on lui demande de partir au milieu dé l’hiver pour le Fort Garry. Quiconque connait M. Thibault sait, àn’en pôint douter, qu’ Îl n'aurait jamais fait un pas du côté de la Rivière-Rouge, s’il
n'avait pas été chargé de porter au peuple “ui s’y trouve l’as eurance que le gouvernemant canadien le träitérait bien, et qu’il pouvait accepter sans bésitation lés gr nas qui lui étaient rad d'entrert en Confédération.
M. Thibault ve serait sis parti de Québec pour Fort Cou si om Jui avait seulement laissé svupçonner que l’amnistie ne serait pas ac. cordée, Autrement que signifierait une mi:sion de paix et de conciliation ? :
En nous remettant officiellement la proclamation de Son Excellence du 6 décembré, Ye gouvernement canadien s’engagedit icrplicitement à faire tout en son pouvoir pour en assurer l'exécntion.'" Cette proclamation âvait'été remise à M. Thibault ‘qui pourtañt ne l'avait pas promulguée à cause du pâssag® suivant d'une autre lettre du Sécrétairé d'Etat adressée à lui en date du 6 décembre : ‘Vous ne distribuerez pas la proclamatioh avant d'arriver à \'Pembina, niavant de con gulter M. McDoügall,
Monsieur McDougall avait läissé Pémbina quand M. Thibault y arriva, et ne pouvait par conséquent être consulté, ce qui détermina M. Thibault à läïsser'à Pembina la proclamation qui lui avait été confiée. Le Gouvernement Canadien en nous remettant à une époque aussi; avancée du mouvement insurrectionnel, lorsqu'on savait que le Gouvernement Provisoire était maître de la situation, prouvait évidemmeni que nous devions nous en servir pour aider à la pacification du pays, et que nous étions autorisé à faire les promesses contenues dans cette Pro-
clamation.
Les documents à, 6, 7,8 quiont trait à la mission de M. Smith
et à la commission qui lui fut confiée sous le Grand Scsau du Canada, n’ont rien qui puisse contredire tout ce que nous afrmons, et avons fait pour l’Amnistie.
Ces documents, au contraire, appuient et nos coavictions et notre action. Ainsi.on lit ce qui suit dans la lectre que l’Honorâble M. Howe écrivit au ‘ Commissaire Spécial ? :
| # Ottawa, 10 Décembre 1869.
Donald A. Smith, Ecr., Montréal .
Monsieur,
J'ai l'honneur de vous informer qu’il a plu à Son Excellence 1e Gouverneür-Général vous nommer ‘ Commissaire Spécial, ” pour vous enguérir et faire rapport des causes et de l'étendue de l'opposition arraée que l’on fait à la Rivière-Rouge, dans le territoire du Nord-Quest, à J'entrée paisible de l’Honorable W. McDougall qui a été choisi comme “devant être lieutenant-gouverneur de cette contrée, lorsqu'elle sera
TR sas A à ARS ET TS EEE ET
mu, 4 À pme
ée : annexée au Canada ; aussi, pour vous enquériret faire rappnri des-cau. : p- : ses du mécontentement qui existe actuellement contre les changements en À projetés; aussi, pour expliquer aux habitants le principe d'après lequel 4 le Gouvernement du Canada a l'intention de gouverner le pays, et faire , om L. disparaître les maleñtendus q ti pourraient y exister à.ce-sujet : enfin, va j pour adopter de concert avec l’ Honorable McDougall et le Gouverneur : “ns MeTavish, les mesures propres à .s0tuer le transfert paisible du-pays. 4 Naturellement, vous devrez cnsulter le Gouverneur MeTavish et el- : vous vous efforcerez de préparer, conjointemeat avec M; McDongali ite- fi et les autorités de la Baie d’ Hudson, un plan commun pour amener la: tte ki pacification dn pays.
dit 4 Comme les renseignements qui parviennent ici ee nécessairement sé: ê imparfaits et que.les circonstances changent continnellement à la Ki- &i- : vière-Rouge, il n’est pas jugé convenable. de, vous emharrasser d’ins- . bu. H tructions plus précises, DEL 4 Vous agirez donc au meillenr de votre jugement.” alt À : Donc l’Honorable Donald A. Smith “ Commissaire Spécial ?? devait, qui x aussi lui, adopter les mesures propres à effectuer le transfert paisible: qui $ du pays; préparer un plan ponr amener la pacificition du pays, et, en: ps L définitive agir au meilleur de son jugement parce que les circonstances : e. : changent continuellement 5 la Rivière-Rouge, et parc: -qu'il n’était: st pas jugé convenable de iembarrasser d'instructions plus précises, ons En nous remettant tous ces documents, et nous priant de coopérer. avec Messieurs Thibault, Smith et De Salaberry, c'était assez dire sd que les promess s qui nous avaient été faites n° seraient pas dérangées dl par une situation que ces trois Messieurs auraient acceptée, ou que les ith circonstances leur auraient in. posée comme la moins dangereuse. Puis,
LAS pourquoi nous. remettre la dérêche du 24 Décembre, Llänant sévère | ment la conduite tenue par les employés du Gouvernement Canadien
für : + | s au commencement dn même mois, si ce n’est pour convaincre le peu- L ple de la Rivière-Rouge qu’on ne voulait pas le réduire par la force, sé mais bizn Jui demander un assentiment, qu’on savait n'être possible: nC-
: qu'avec l'assurance de l’Amnistie.
Nous recommandons à la plus sérieuse attention du lecteur la
9, lettre suivante, qui nous fut adressée et remise par l'Honofable. Ministre de la Justice, Sir John A. MacDonald.
« Privée, ”
Gou- ; À
8 en: Département de la Justice,
TAGS Ottawa, Canada, 16 février 1870.
rmée ;
et à Mon cher Seignevr,
A ; Avant votre départ d’ Ottawa pour votre mission de paix, je crois à..
| setæ | propos de wmvttre par écrit la substanze de la conversation que j'ai eu:
l'honneur d'avoir avec vous ce matin. Je marque cette lettre ‘ privée / afin qu'ellene puisse pas devenir un document puüblie,;que la Parlement pourrait reclamer prématurément ; maïs vous éies tout.à-fait libre de vous en servir de telle manière que vous croirez plus avantaweuse. J'éspère qu'avant votre arrivée à Fort Garry, les ‘insurgés, après les explications données par MM. Thibault, DeSalaberry et Smith, auront mis bas: les armes et permis au gouverneur McTavish de reprendre l’administration des affaires publiques. :
En ce cas, par l’Acte du'Parlement Impérial passé pendant la dernière session, tous les fonctionnaires publics demeéureront encore au pouvoir et le conseil d’Assiniboia sera rétabli dans sa position première. +
Serez-vous assez bon pour donner d'amples explications au Conseil de la part du gouvernement canadien quant aux sentiments qui auiment non-seulement le gouverneur-général, mais aussi lé gouvernement entier relativement à leur façon d’agir envers le Nord-Ouest.
Nous vous avons pleinement expliqué et nons désirons que vous assuriez le conseil, commie étant autorisé à cet effet, que c'est l’intention du Canada d'accorder au peuple du Nord-Ouest les mêmes institutions libres dont ils jouissent eux-mêmes. Si ces malhenreux événements n'avaient pas eu lieu, le gouvernement çeanadien aurait espéré bien avant ce jour, recevoir un rapport du Conseil, par l'intermédiaire de M. McDougall, quant aux meilleurs moyens de hâter !’crganisaticn du gouvernement avec des institutions représentatives.
J'espère qu’il pourra de suîte s'occuper de ce sujet, le considérer et faire rapport, sans délai, sur la politique générale qui devrait étre immédiatement adoptée.
Il est clair que le mode le moins dispendieux pour l'administration des affaires devra être adopté d’abord. Comme les dépenses prélimi: naires d'organiser le gouvéraement, après l'union avec le Canada, doi. vent au cemmencement être défrayées par le Trésor canadien, il y aura une objection naturelle dans le Parlement canadien à une grande dépense.
Comme il serait imprudent d'exposer le gouvernement du Territoire à un renouvellement de l'humiliation déjà subie par le gouverneur, M.McTavi-h, vous pouvez l'informer que s'il organise une rolice locale de 25 hommes, ou plus, si c'est absolument nécessaire, que la dépense sera payée par le gouvernement canadien. |
Vous serez assez bon pour essayer de découvrir Monkman, la perconne à laquelle, par le Col. Dennis, M. McDouga!l a donné des instructions pour communiquer avec les sauvages Sauteux. On devra lui demander de rendre sa lettre et de ne pas agir d'après son contenu: Le gouvernement canadien verra à ce qu'il recoive une compensation pour toute dépense qu'il aura déja encourue.
Te D 2 PSS EE LA GERS TENTE ns AE ANSOONONON CEE TR
Es
Dans le cas où une délégation serait nommée pour venir à Ottawa, vous pourrez assurer les délégués qu’ils seront bien reçus, que leurs suggestions seront pleinement considérées, Leurs dépenses d'aller et de retour et pendant leur séjour à Ottawa seront défrayées par nous.
Vous êtes autorisé à dire qne les deux années pendant lesquelles le tarif actuel ne doit pas svbir de changement, commenceront au ler janvier 1871, au lieu de janvier dernier, comme il avait été d’abord proposé.
Si la question s’élevait relativement à la consommation des maga- | sins ou efiets appartenant à la Compagnie de la Baie d'Hudson par les insurgés, vons êtes autorisé à informer les chefs que si le gouverne-
j ment de la Compagnie est rétabli, non-seulement une amnistie géné- 1 | rale sera accordée, et que dans le cas où la Compagnie réclamerait le É s paiement de ces ERA le gouvernement canadien s’interposera entre les insurgés et tout dommage, (Will stand betwen the insur- " gents and all harm.) * L Vous souhaitant un voyage prospère et d'heureux résultats. - Je veux demeurer avec grand resprct, - Votre très-fidèle serviteur, 6 Joux A. MacDoxatr.
e n Le Très-Revérend, … Eveque ps Sr. BonIFA0ë, k Fort Garry.
Cette lettre,comme on le voit, n’est que la ‘ substance ” de nos n conversations avec l'Honorable Premier; il est facile de juger par à là de la nature de ces conversations, tendant toutes à expliquer (es nôtre ‘‘’n:ission de ‘‘paix’”’ et nous priant d'agir nous aussi au meilleur de notre jugement ”’ pour amener à tout prix une so/ub- tion paisible des difficultés et faciliter par là le transfert du Nord- Ouest à la Puissance du Canada.
ë ñ Nous partimes d'Ottawa le 17 Février. A St. Paul Minesota , nous nous procurâmes 1a liste des Droits. (‘Bill of Rights), telle
qùe formulée par la convention,” Nous la télégraphiämes à l'Hon. M. Howe qui, le 25 Février, nous répondit aussi par télégraphe ce qui suit: Propositions satisfaisantes dans l'ensem-
ble, mais que les délégations viennent pour régler Tes détails. ! Rendu à Fort Garrÿ, nous cémprimes toute la gravité de la situation, cette situation ‘était plus périlleuse, et les circonstances plus difficiles que nous l’avions encore cru. “Tout ce que les ministres fédéraux nous avaient dit nous parut avoir une application:
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d'autant plus nécessaire que c'était la seule solution possible et - satisfaisante des difficultés. Nous examinâmes l'état des esprits -et les faits acéomplis ; et, après nous être consulté avec ceux -avec'quinous devions en conférer, nous nous persuadâmes qu'il “était plus indispensable que jamais d'établir la confiance, eu “assurant les chefs du gouvernement provisoire des intentions libé- “rales du Gouvernement Canadien.
Nous répétâmes ce qu'on nous avait chargé de dire, et nous aësurâmes que 14 promesse d'amnistie, qui noûs avait été fait, ne ‘serait point retractée. Nous savions à n’en pas douter (et les événements ont prouvé) que l'Honorable Conseil Privé, en exprimant le désir que la Compagnie de la Baie d'Hudson reprit son autorité, avait pour but unique de pouvoir effectuer le trans-
“fert du Nord-Ouest au Canada, sans de nouvelles complications. Nous nous persuadâmes facilement que l'ordre de choses, que nous trouvâmes au Fort Garry et qui était reconnu par tout le monde, ne saurait être un obstacle à l'entrée en Confédération, et faciliterait la pacification du-pays, plutôt qu’il ne l'empêcherait. Nous en concluâmes que l’on pouvait appliquer à la situation, Les mots de la lettre de Sir John A. MacLonald: ‘“ Vous êtes autorisé à informer les chefs, que si le Gouvernement de la Compaguie est rétabli, non-seulement une amnistie générale sera accordée, mais que dans le cas où la ompagnie réclamerait le paiement de ses magasins le Gouvernement Canadien s’interpo: sera entre les insurgés et tout dommage.’
fl est vrai que le Gouvernement de la Compagnie ne fut pas rétabli, mais le Gouve.nement Provisoire, qui le remplaçait, avait eu l’assentiment des :itorités de la Compagnie même, puisque
l'Honorable M. MaclTavish consulté par deux membres de la
jonvention sur l'à-pronos de former le Gouvernement, leur avait répondu: ‘‘Formez un gouvernement pour l'amour de Dieu et rétablissez l'ordre et la paix dans la Colanie’ puis, l’Honorable Donald Smith pour des motifs que, bin de blâmer, nous approuvons entièrement,avait contribué à fortifer ce même gouver. nement, comme on le voit à la page 7 de son rapport., ‘ Profondément pénétré de la situation, l'Evêque de la Terre de Rupert et le clergé protestant en général, conseillèrent fortement au peuple d’élire sans retard ses délégués (au gouvernement provisoiree)... ... J'adoptai entièrement ce point de vue et l’Archi- “diacre MeLean ayant bien voulu m'offrir de m'accompagner, nous “visitâmes les différentes parties de la Colonie, et nous consta- ‘tâmes due dans diverses paroisses, la population, parfaitement
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loyale à la Couronne Anglaise et très désireuse de s'unir au Canada, avait déjà choisi ses conseiller. .
“ Je leur .expliquai,; à tous, que le Conseil serait provisoire, dans le strict sens du mot, ayant pour objet spécial d'affectuer Le transfert du pays au Canada et en attendant de garantir la sûreté des citoyens et de leur propriété."
Ce que nous trouvâmes en arrivant à Assiniboia assurait ce que le Gouvernement Cauadien désirait avant tout par le rétablissement de la Compagnie. La situation n'annulait donc pas la seule conditions que l’Honorable Premier avait mise à l'octroi d'une amnistie générale et à l'indemnité des pertes subies, c'est pourquoi nous transmimes aux chefs (the leaders) du Gouverneiaën t Provisoire les promesses faites par Sir John A. MacDonald.
Au lieu de corriger notre’ erreur, si nous én avons’ cômmise une, on nous y a entretenu jusqu'à ce jour; plusieurs fois nous avons écrit et parlé aux ministres’ fédéraux doné nous avions été l'in verprête auprès du peuple dela Rivière-Rouge ; ils nous ont invariablement répondu dé façon à nous laisser croire que notre conduite etaus assertions à Fort Garry avaient parfaitement rencontré leurs vues ét leurs ‘désirs, et que nous avions raisotr de croire et de dire‘qu'une aämnistie pléiîne et entière serait accordée tout én maintenant le'principe que cêt acte de clémence n’apparténait qu’à Sa Majesté la Reine et que le gouvernement du Canada n'avait pas le pouvoir d'accordér ue amnistie.
Nos promesses ayant puissäriiment icôntribué à rétablir con. fiance, nous conseillämes d'envoyer ‘les délégués dont le départ
semblait ajourné indéfiniment. La lettre de Sir John A. MacDonald promettait qu'ils ‘seraient bien reçus, ét que leurs suggestions seraient considérées attentivément. Que leurs dépenses d’aller et de retour et de séjour à ' Ottawa seraient défrayées par le Gouvernement Canadien.” Le télégramme de M. Howe de. tiandant la délégation, même après la récéption de la “ liste des Droits (Bill‘of Rights) causa la plus vive satisfaction parmi les membres assemblés et détermine le gouvernement provisoire à cette démarche si importante. . Les délégués laissèrent Fort Garry le 22 Mars, se rendirent à Ottawa, y. furent reçus officielle. ment, négocièrent avec le Gouvernement Canadien, en posant pour base de ces négociations une Liste des Droits non pas celle formulée par la Convention, et que nous avions wélégraphiée à
l'Honora ble M. Howe, mais, bien une nouvelle liste, formulée par
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l'Exécutif du Gouvernement Frovisoire et, par lui remise aux délé gués.
La 19ème clause de cette liste ou instruétion fut, tout d’abord, posée comme condition sne qua non de tout arrangement éntre les délégués du Nord-Ouest et le gouvernement du Canada.
Cette 19ème clause était ainsi conçue: ‘Que les deites contractées par le Gouvernement Provisoire du Nord-Ouest, dit d’Assiniboia, soient payées par le trésor de la Puissance (Dominion) : vûque les déttes n’ont. été contractées que par suite des mesures illégales et inconsidérées, adoptées par des agents canadiens, pour amener la guerre civile au milieu de nous.
De plus qu'aucun des membres du gouvernement provisoire, non plus que ceux qui ont agi sous sa direction,ne puisse en quoi que ce soit être tenu responsable du gouvernement ou d'aucun des actes qui ont amené les négociations actuelles.’
C'est bien l'amnistie dont il est ici question, les Honorables Sir John A. MacDonald et Sir George Cartier, charges par le gouver:. nement dont ils étaient les chefs, de traiter avec les délégués du Nord-Ouest, déclarèreni qu'ils étaient en mesure d'assurer que c'était l'intention de Sa Majesté d'accorder l’amnistie et qu'ils se chargeraient de la faire proclamer, qu'elle serait, en effet, proclamée immédistement après la passation de l'acte de Manitoba. Pour preuve de cet avancé, nous avons le rapport officiel fait. par la délégation. au gouvernement provisoire et à l'assemblée législative d’Assiniboia.
Nous avons ensuite une pétition adressée à Sa Majesté la Reine d'Angleterre en Fév. 1872 et signée par Messieurs Ritchot et Scott,deux délégués et les deux seuls qui fussent restés à Ottawa jusqu'à la clôture des négociations. Nous avons la Céclaration as+ sermentée le M. Ritchot, déjà citée intégralement [page 15], et nous pouvons ajouter que les ministres eux-mêmes ont reconnu la vérité de cette assertion.
L'entrevue du 19 mai, à Inquelle il est fait allusion dans cet irrécusable document, fut éogis- Sal par une léttre de M, Ritchot à Sir G. E. Cartier. }
Cette lettre écrite la veille de l’entrevue précitée (18 mai) coûtient le passage süivant :
Les questions soulevées par la 19e clause de nos instructions, surtout de l’amaistie sont de la plus haute importance.
Jos espérer, et le passé m'est une garantie pour l'avenir, que vous pourrez vous procurer, avant votre départ, toutes les garanties promti-
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8 par Sir Jobn et vous, au sujet de ces questions de la plus haute im. portance,
Après avoir reçu cette lettre, et avant d’y répondre par écrit, Sir George E. Oartier alla, lui-même, quérir les délégués et les conduisit auprès de Son Excellence le Gouverneur-Générat, pour leur faire ‘‘réitérer l'assurance que l'amnistie serait certainement accordée,'’ et c'est alors, le 19 mai, que le représentant imimédiat de Sa Majesté la Reine, spécialement autorisé à engager Le nom vénéré de notre Souveraine, donne aux délégués la nouvelle assurance dont parle M. Ritchot dans sa déclaration assermentée. C'est à la suite de cette circonstance que l'hon. ministre canadien seul chargé [vu la maladie de Sir J. A. MacDonald] par le gouvernement fedéral, des négociations avec les délégués du Nord-Ouest leur écrivait en date du 23 mai. Dans cette lettre, l'hble, ministre de la milice répond à tous les paragraphes contenus dans celle de M. Ritchot du 18 du même mois. Le passage suivant répond au paragraphe par lequel M. Ritchot rappelait Les promesses faites par les Hqns. ininistres sur la question d'am histie :
Je désire attirer tonte votre attention sur l’entrevue que vous avez eue avec Son Excellence le Gouverneur-Général le 19 courant à la. quelle j'étais présent, et où ila plû à Son Excellence d’exprimer que la politique libérale que le gouvernement se pro) se de suivre à l’égarc des personnes auxquelles vous vous intéressez ::t correcte et est celle qui s'evrait être adoptée.
J'ai l'honneur d’être, Messieurs, [A MM. Ritchot et Scott] Votre obéissant serviteur,
GsorGe E, CARTIBR.
Ministre de la milice et de la défense.
P.S. Vous pouvez en tout temps faire usage de la présente de telle. manière que vous le jugerez à propos, dans toute explication que vous pourriez avoir à donner, concernant l’obet pour lequel vous avez été
* envoyés en délégués auprès du gouvernement du Canada,
Les hommes versés dans la politique comprendront facilement pourquoi la phrase de Sir George n’est pas plus explicite. Elle suffit néanmoins,dans les circonstances actuelles, pour démontrer. qu’en effet les ministres canadiens avaient fait des promesses. Autrement Sir George E. Cartier était tenu en honneur et en
justice de repousser l'assertion de M. Ritchot, affirmant que ui D