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CHAPITRE IV l'éléphant blanc

L'unique hublot de la cabine versait une clarté rectiligne qui ne se propageait pas.

Les recoins restaient obscurs. Il y avait : la couchette, un hamac, une table ronde, deux chaises paillées. Le canon d'un fusil, un broc et une cuvette de porcelaine donnaient parfois un reflet. Sauf Pieter Peets, niché en un réduit adjacent, personne n'avait licence d'entrer là.

Y habita, avec Jan W. Corn, Demoiselle Annie, la fille blanche qu'il avait prise et qui, de cette torpeur, succédant aux heures effroyables, s'était éveillée délirant et diva-

guant : crise nerveuse pleine d'affres, compliquée d'un transport au cerveau.

Tous les épisodes de la nuit, foudroyants de vitesse, se heurtaient dans sa tôte et la surchauffaient à leur choc. Elle grelottait comme d'une fièvre sans fin. Elle se croyait dans sa chambre, couchée en le lit blanc et rose. Elle suppliait : « Ecartez les rideaux, Betsy, écartez les rideaux, mais écartez donc les rideaux 1 ». Elle disait : « Maman, j'ai peur )), et appelait par leurs noms ses oiseaux familiers de jadis. Puis, lorsqu'une ardente figure d'homme se penchait vers elle, elle se reculait avec un gémissement lauque. Des images écarlates passaient dans ses prunelles. Elle criait: « Au secours... ! », et, tout à coup : « Papa, n'allez pas par là... ils vont vous tuer ! ils vont vous tuer ! Ah, vous ne voyez donc pas qu'ils vont vous tuer ! » . Tout fondait , fondait dans . un grand chaos sans pitié. A demi-nue, elle se jetait à bas de sa couche et pareille à une folle déchevelée, voulait fuir; et comme deux irrésistibles bras retendaient de nouveau, elle se mettait à pleurer, avec des petites

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