‹ L'amoral: roman d'aventuresChapitre 16 sur 23 · L*EXTRA0RDINAIRÊ JAN W. CORN · texte numérisé non relu

L*EXTRA0RDINAIRÊ JAN W. CORN

pour elle, que des images vides de sens, pareilles à des outrés flasques.

Elle s'abandonna à son destin.

— Je devrais vous haïr... je vous aime.

Alors il Tétreignit puissamment et ils joignirent leurs lèvres.

Ensuite, ce fut un flux abondant de paroles, comme si, amants pleins de ferveur, ils se retrouvaient après une longue, interminable séparation.

— Comment te nommes-tu ?

— Annie !

— Annie ! Annie !

Mue par une impulsion irrésistible, elle lui disait ses combats, les affres de sa haine changée, par quel puissant attrait, dans cet amour qui tout entière la remplissait maintenant d'extase.

Et Jan W. Corn, tout à fait bon, s'accusait d'avoir été méchant et brutal. Il fallait lui pardonner. Il Taimait trop. Il n'avait jamais aimé d'autre qu'elle. Ils se contaient des heures de leur vie. Une infinie félicité les pénétrait, l'un par l'autre.

La tempête était complètement tombée, la

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mer étale. Une nuit lunaire resplendissait, argentant le sillage de la petite embarcation, bien membrée et solide.

Le fidèle Pieter Peets siégeait à rarrière, au gouvernail, la boussole sous les yeux; gravement il maintenait le cap dans une direction immuable, et quelconque, car:

«Gouverne Sud-Sud-Est, lui avait dit Jan W. Corn en riant, ce sera toujours assez bon pour nous. »

Et il gardait la barre Sud-Sud-Est... Peutêtre sommeillait-il à demi.

Cependant, étendue sur des couvertures, Annie, sans fin, regardait le visage mâle et confiant de Jan Willem Corn, qui reposait, lion fatigué, sur la poitrine de sa lionne.

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