‹ L'amoral: roman d'aventuresChapitre 7 sur 23 · JE · texte numérisé non relu

JE

1o marine

aoiiic^ de mouton, pointe- 3e fut tout juste s*il t emporté d'un coup it, en outre, à conais cela, il n'y parvint sèment à terre, saigna lâché les rênes, répli- )rrection à coups de après quoi il se remit galop désordonné, le Iques culbutes, d'ailit se dire : «je sais

ne la langue du pays où aussi pensé. Il se mit anglo-néerlandais et

ic ardeur, cela se lisait icquise immaculée :

lire d'un vert tendre se aisseuses ; les feuillets mleur de papier et les nt dire pas. Il s'en alexique, et Jan W. Corn lotter comme d'autres

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leur pipe. Rapidement il s'exprima en angh et même il y posséda une sorte de faci fruste. Une certaine considération s'étei autour de lui.

Il advint que, sans Tavoir cherché, il ace un suivant, un fidèle, qui devait deve son factotum,

C'était un Hollandais appelé Pieter Pei âgé de trente-sept ans.

Grand, osseux, blond comme la tige épis (plus tard, quand il eut blanchi ce absolument imperceptible), il avait une f glabre sauf une courte moustache drue des yeux ronds et bleus en tendre porcelai dans lesquels vivaient quelque sagesse, d( bêtise, du courage simple et le vrai dévoi ment. Nature serviable et calme, mais sj initiative, il lui fallait la direction d maître qu'il aimerait. Avant d'avoir suce sivement fonctionné comme maître-coq bord d'un steamer, masseur chez un rie moutardier de New^-York, confectionn( es caleçons d'hommes, égorgeur de mout( dans un packing-house Chicagique, etc..

avait débuté — c'était quinze ans dans

ips — en qualité d'aide-perruquier dans ) échoppe sur laRuyterskade.

>riise découvrit que Hendrik Corn venait faire raser, aux jours de fête. Pieter Peets ait connu, très bien. Il jugeait cette coïnînce merveilleuse : Jan W. Corn, lui, s'était tenté de dire :

- Très drôle... oui!

It, comme ces histoires du passé ne le itivaient pas du tout :

- Laissons les vieux en repos! proiça-t-il assez sèchement, la seconde fois, ir clore les ressouvenirs.

eule, sa mère l'intéressait un peu. Elle ait été la borne de la route où son regard 'ût volontiers fixé. Elle lui semblait énigtique, et il avait oublié son nom, d'autant 3 que le père Hendrik, après sa mort, t devenu bien taciturne : quand il rentrait, soir, très las, il mangeait, puis ronflait, les dimanches, pour tuer ses chagrins, liait boire avec des camarades. « Asconnu ma mère, Pieter Peets ? » Non, ter Peets n'avait pas connu sa mère...

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Divers tours d'audace réfléchie et froide, qu'il réalisa abondamment;sa vie laborieuse et curieusement sobre ; de bons avis enchâssés dans un langage peu prolixe ; une croissante adresse au tir ; son peu de prédisposition à se laisser marcher sur les bottes comme on dit; rintransigeance avec laquelle il défendait immeuble et meuble pour peu qu'il le crût sien, lui attirèrent le respect des garçons turbulents sans préjudice de l'estime des personnes relativement calmes.

Un peu grâce à ses dires, ce Gold-City-là fut un des rares camps aventuriers, qui se maintinssent en relations de bon voisinage avec les naturels des proches Réserves Indiennes.

D'habitude, les chercheurs d'or, profitant de leur ignorance et de leurs goûts enfantins, les grugeaient, pour commencer, indignement. Ils payaient leurs pépites, les précieuses fourrures et des produits excel-

lents avec de la poudre mouillée ou des bibles. Le mauvais alcool et les maladies vénériennes, dons de joyeux avènement des Européens venant civiliser le sauvage, faisaient des trous béants dans les tribus. Enfin lorsque les malheureux avaient tout perdu et venaient se plaindre, on les tirait comme des lapins; et, jusque dans leurs villages on allait porter la dévastation, Tincendie et le viol. Et c'étaient d'effroyables haines allumées.

Ici vinrent en confiance, des Indiens Greeks, peuplades pratiquant le sacrifice du cheval, à Tinstar des Patagons. Des fetnmes et des filles, souvent les accompagnaient.

Elles se livraient sans simagrées aux Visages Pâles, en échange de quelque verroterie, d'un verre de whisky ou même pour le plaisir.

Les gaillards sevrés de féminin étaient peu enclins à se montrer difficiles.

Jan W. Corn, une fois, prit dans sa tente une petite Indienne de douze ans, qui lui avait plu par sa grâce équivoque de jeune animal et dont un pagne léger cachait mal la nudité gracile.

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Elle avait des mains et des pieds d'aristocrate, de noirs cheveux drus et des yeux ovales. Quand elle baissait les paupières, c'était d'une étrange langueur voluptueuse. Naturellement experte aux choses de l'amour, elle en tenait le sens profond et possédait Pétoffe d'une courtisane de génie. Elle savait, avec quelques mots d'anglais, une foule de choses magiques et mystérieuses, guérir, cueillir les simples, les pratiques de la conjuration et même celles de Tenvoûtement.

Elle tenait le ménage de Jan W. Corn, et aussi le divertissait...

La possession de cette fille rare alluma la jalousie des collègues ; ce qui fourbit d'ailleurs son amour-propre mâle. Il lui disait souvent :

— Tu es ma propriété. Si tu vas avec d'autres, je te tuerai par la chose qui fait du bruit.

Et Chirika, ayant compris, répondait, pleine de grand sérieux et courbée sous la loi de l'homme :

— Toi mon maître. Elle t' aimer dans son cœur.

le public, aussi autorité, Jan W.

iiasi-authentique- L par les soins du aeux personnage venait justement famille, qui s'inua la volonté de uge ne dissimula nement flatté. Il it en grande toide vermillon, le e casse-tète dans e installée en la âne ras. Il joignit 3 syllabes. C'était

sriron, sur le pas- 1 eut qui ricanèquolibets avaient 3 fâcher. Il parut

1 W. Corn surprit Joaquino Venda, e, qui la désirait

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depuis qu'il l'avait vue ; celui-ci s'était rué à l'improviste ; et comme, avec horreur, elle se refusait à lui, il la violenta.

Etouffant ses cris d'une main en guise de bâillon, il s'assouvissait en elle, lorsque Jan W. Corn survint. Le Hollandais prit son revolver et étendit Thomme raide mort au milieu d'un spasme.

Chirika, épouvantée dans son innocence, suppliante, encerclait ses genoux.

— Pas me tuer... lui me forcer...

Une seconde, il hésita, il connut la miséricorde : mais il songea que désormais il n'aurait plus goûta cette chair. Il appuya de nouveau sur la gâchette. Chirika desserra son étreinte ; elle tomba en arrière, les bras ouverts, et mourut.

Au fracas des détonations l'on était accouru; Jan W. Corn écarta la toile et, montrant les cadavres :

— Je les ai surpris et j'ai fait justice.

Des murmures s'élevèrent, du milieu du rassemblement... Lui, sans rien ajouter, rentra puis de nouveau parut, traînant dans chaque main un corps par la jambe.

— Pieter Peets, voulez-vous aller avertir Li-Cheng ; qu'il vienne les chercher avec sa brouette... Maintenant, vous autres, si vous n'êtes pas contents, tant pis pour vous. Au surplus je m'expliquerai — sur diverses choses — ce soir chez Olaf.

Dès huit heures, tous les mauvais garçons, et les autres, tenaient meeting au cabaret.

Trois lampes fumeuses suspendues à des cordes, éclairaient. Une caisse d'emballage était le comptoir à débiter les boissons. En raison de la rareté des verres, un chacun ne buvait qu'à son tour ; ou à même le goulot. Le comestible le plus demandé — et d'ailleurs le seul offert — se nommait hareng saur.

On jouait. Les querelles, peu rares, se terminaient d'habitude par l'éclair d'un couteau au bout d'un bras frénétique. Il ne manquait pas, d'ailleurs, de faces débonnaires de vertueux buveurs. Le cabaretier Olaf, gros Irlandais chaussé de guêtres, siégeait, très digne, un brûle-gueule aux dents. (Il était borgne de l'œil droit et n'avait qu'un doigt à la main gauche.) Les divertissements, en ce lieu, laissaient à désirer en fait de correction. Le pisto-

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let, immanquablement, finissait par y chanter son air. Volontiers on mesurait son habileté de tireur à décrocher, semblablement à des coques d'œufs, les quinquets du plafond.

Puis, de là, on glissait gentiment au sport de tirer entre les jambes des danseurs; car l'on dansait. Les atteints ripostaient généreusement. Olaf, qui se piquait d'observation, s'ébahissait au trajet de certaines balles qui, éraflant une nuque, trouant des intestins, se perdait bourgeoisement, par exemple... dan& une poche.

Le lendemain on comptait non sans flegme les morts, et avec peu d'antisepsie, Ton pansait les blessés...

Ainsi un décès ne comptait guère en ce milieu surchauffé. Mais le double meurtre du Portugais et de la petite Indienne donnait lieu à querelle. Comme tout homme en vue, Jan W. Corn comptait des ennemis à l'affût d'une occasion de le tomber.

— Il ne s'agit pas là d'une rixe... c'est un assassinat ! disait-on.

Ses partisans soutenaient qu'il se trouvait en état de légitime défens-e.

ependant, parlaient de le penqui ne demandait pas ici le s justices vieillottes. On avier arbre^ une échelle pour nt, et d'une secousse on le ernité... Il était arrivé que la ranche cassât; alors le sort î condamné reprenait en tran- 3 dans le monde.

ait à s'impatienter. Il ne vienait aller le chercher, Tamener force... A ce moment Thuis N, Corn effectua son entrée.

3 convergèrent sur lui . On vo-

prit pas garde, monta sur le tut. On fit silence. Il dit :

itends crier, hurler à la mort 3ns. Il y en a qui veulent que

Pourquoi ? Est-ce qu'ils le % l'heure', il est vrai, j'ai étendu i côtés de cette drôlesse dont émme légale...

[rincements ironiques, c'est comme ça, malgré les

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railleurs... de par les lois du pays. C'est suffisant. Je vous le demande^ quel est celui de vous qui, trouvant en son home sa femme couverte par un individu, n'aurait pas agi comme moi... Mais voilà trop de mots pour me disculper. J'ai eu raison, c'est évident.

— Oui... oui... non... à la potence....

— Et, votre approbation, vous savez, je m'en moque... Quant à me pendre, ce n'est pas encore fait : je me défendrai, d'autres me défendront. D'ailleurs ce serait stupide parce que je puis vous être utile.

Ceux qui sont jaloux de moi, qui sais commander, ont grand tort... Il ne faut pas se jalouser les uns les autres... Hein?... un précepte de l'Evangile ? Possible, mais il est pratique. Vous êtes ici pour quoi faire ? Pour tâcher de vous enrichir. Vous n'y réussirez pas. Et ce sera de votre faute. Vous passez votre temps à vous disputer, à vous battre, à vous entre-voler...

On ne murmurait plus ; on l'écoutait.

— C'est idiot... Vous crèverez et ce sera bien fait. Nous devrions nous aider mutuellement. C'est l'union qui fait la force : espèce

d'abrutis, vous ne comprendrez donc jamais ça? Vous ne savez qu'une chose, c'est porter votre argent à ce dogue d'Olaf, qui vous empoisonne...

Olaf rit, silencieusement, (il pouvait d'un seul coup de poing assommer un buffle).

— Si nous mettions tout en commun, cela rie se passerait pas ainsi, vous pourriez toujours trinquer, mais vous risqueriez moins la ruine. Il faut former une association et élire un président. Ce président ce sera moi... ou n'importe qui, pourvu que méritant. Je lui obéirai ajors tout comme un autre... Choisissez... Cette idée vous convient-elle ?...

Un quart d'heure, encore, il parla ainsi, d'abondance.

Le surlendemain, tout le monde saluait fort poliment, dans la rue et ailleurs, le président Jan W. Corn — élu par une majorité écrasante — du syndicat deGold City U.-S.-A. Des factionnaires armés gardèrent nuit et jour l'entrepôt où se centralisait le minerai public; ainsi bons et mauvais claims s'équilibrèrent.

Les travaux furent organisés avec plus

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d'ordre et de sagacité. Et le camp, relativement, s'enrichit.

Un après-midi qu'il faisait très chaud, Jan W.Corn.pour se délasser, s'étendit sur l'herbe, à côté de l'ouvrage. Et il se prit à méditer : décidément le sol s'appauvrissait de plus en plus, l'or se terrait ; mais voici que le gouvernement allouait, plus au Sud, en un Etat inauguré de fraîche date, soixante-quatre hectares de prairie cultivable, à tout colon de bonne volonté. Ne pourrait-on pas fonder quelque chose comme une exploitation agricole ?

Et justement, le « lot », voisin, un nommé Steens, Anglais du Cap qui, en deçà de sa limite, prenait, lui aussi, du bon temps, émit en guise de préambule : .

— Fichu métier que nous faisons, pas à dire, Master Corn.

— Je vous crois, oui, dit celui-ci. 11 faut trouver mieux.

— Oh ! il y en a une, de bonne affaire, que je connais bien : les nègres. Du Soudan à Tripoli, par exemple ; ou de la côte africaine vers les Antilles, vers Buenos-Ayres.

— Ah ! ah !

— Oui, Master Corn. Avec des hommes bien éduqués on peut ramasser de la monnaie. C'est vrai qu'il y a... les risques !

— Quels risques ?

— Quels risques ? D'abord, le noir, ça vous claque dans la main avec facilitél... Mais ça, pourvu qu'il n'en crève pas plus de moitié en route, on y trouve encore son compte...

Non ; le principal est de ne pas donner dans les Inspecteurs.

— Qui vous accrochent à la grande vergue... hé?

— Quelquefois... 11 est vrai que, là aussi, il est des accommodements... seulement ils coûtent cher... H y aurait, savez-vous, quelque chose de mieux.

— Quoi ?

— Faire, en bonne compagnie, une petite visite à un endroit que je connais. -

Jan W. Corn dit :

— Je ne comprends pas bien.

— C'est une baraque où j'ai servi autrefois, comme valet... Il y a pour sûr, là-dedans, une fortune à prendre...

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— A main armée ? demanda doucement Jan W. Corn.

Puis il advint que tout croula.

Pour une troisième fois, Creek Jaune franchit ses rives et^ sans égards, opéra des noyades et des ruines. Ce fut un sinistre. La caisse aux pépites partit au long de.^ vagues ; les aménagements fondaient comme des chalets de sucre ; et un vilain matin Jan W. Corn, en compagnie d'une vingtaine de garçons, tous plus pauvres que devant, se vit avec le seul bien d'avoir sauvé sa peau, son prestige, et en outre, la valise jaune.

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