‹ L'amour au dix-huitième siècleChapitre 18 sur 31 · I. Mémoires de Mf»^ de Genhs, vol. I · texte numérisé non relu

I. Mémoires de Mf»^ de Genhs, vol. I

M""' de Alontesson devint la femme ^ du duc d'Orléans, et Al. de Gui nés.

renonçant net à son amour, obtint par elle une ambassade.

Que Von veuille cependant se représenter l'amour du xviii'^ siècle selon la plus juste vérité ; que Von cherche ses traits constants, sa physionomie ordinaire et moyenne en dehors de l'exagération et de l'exception, du pamphlet, de la satire qui s'échappe de tous les livres du temps et qui force toujours un peu la vérité, ce n'est point dans ces excès ou dans ces affectations que Von trouvera soncaractère le plus général et ses cou-

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leurs les plus propres : l'amour d'alors n'est essentiellement ni dans ces extrémités qui le livrent au hasard des rencontres . ni .dans ces engagements qui le nourrissent de pur sentiment. Il consiste avant tout dans une certaine facilité de la femme ^;l| désarmée, mais gardant le droit du choix, entrant, sans idée de constance, dans une liaison sans promesse de durée, mais voulant au moins y être entraînée par la passion de l'instant . par un goût. // consiste dans cette disposition singulière où la vertu de lafemjne semble éprouver, comme la vie che^ Fontenelle mourant, une grande impossibilité d'être;

abandon naturel, faiblesse, apathie, dont on trouve l'aveu et l'accent dans cette con fid^"^^ féminine : « Que voulei-vous? Il était là, et moi aussi; nous vivions dans une espèce de solitude; je le voyais tous les Jours, et ne voyais que lui^... ■'

L'amour du xviir siècle est à la mesure et à l'image de la femme du temps : il n'est ni plus large, ni plus profond, ni plus haut. Et qu'est celle-ci? Interrogei-la, étudiei-la:

retrouvei, par la déduction, son être et son type en reconstituant son personnage moral et son organisme physique : cette femme produite par la

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