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quelles ils sont voués! Que d'études, d'application, de science^ de ré- Jiexions! Quel grand art de comédien ! quel art de ces déguisements, de ces travestissements, dont Faublas garde le souvenir, et qui cachent si bien M. de Custine, qu'il peut, habillé en coiffeuse, couper, sans être reconnu, les cheveux de la femme qu'il aime! Que de combinaisons de romancier et de stratégiste! Pas un n'attaque une femme sans avoir fait ce qu'on nomme un plan, sans avoir passé une nuit à se promener et à retourner la position comme un auteur qui noue son intrigue dans sa tête.
Et l'attaque commencée, ils sont
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Jusqu'au bout ces comédiens étonnants ^ pareils à ces livres du temps dans lesquels il n y a pas un sentiment exprimé qui ne soit feint ou dissimulé. Tous leurs effets, tous leurs pas sont réglés; et s'il faut du pathétique ^ ils ont marqué d avance le moment de s évanouir. Ils savent passer, par des gradations de la plus singulière finesse, du respect à l'attendrissement, de la mélancolie au délire. Ils excellent à cacher un sourire sous un soupir, à écrire ce qu'ils ne sentent pas. à mettre de sang-froid le feu aux mots, à les déranger avec lair de la passion. Ils ont des regards qui semblent leur
échapper, des gestes, des cris amoureux qu'ils ont médités dans le cabinet. Ils parlent comme l'homme qui aime^ et l'on dirait que leur cœur éclate dans ce qu'ils déclament j tant ils sont habiles à faire trembler l'émotion dans leur parole comme dans leur voix, tant leur organe ressemble à leur âme. tant à force d être travaillé il a acquis de sensibilité factice. <t N'omettre rien », c'est le précepte de l'un d'eux. Et véritablement, ils n'oublient rien de ce qui peut faire vibrer les sensibilités de la femme, captiver son intérêt, amener en elle un amollissement ou un énerve-
ment, toucher aux fibres les plus délicates de son être. Ils mettent avec eux et dans leur calcul^ dans leurs chances, la température même, et la détente qu'apportent aux sens de la femme la douceur d'une atmosphère pluvieuse, la tristesse et l'alanguissement d'une soirée grise.
Ils sont scrupuleux, exacts, appliqués. Ce n'est pas seulement visà-vis de la femme ^ c'est vis-à-vis d'eux-mêmes qu'ils tiennent à bien jouer depuis la première scène Jusqu'à la dernière. Avant tout, ils veulent se satisfaire, s'applaudir, plus fiers de sortir de leur rôle contents d'eux que contents de la
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femme; car â la longue, ces virtuoses de la séduction ont fait entrer diins leur jeu un amour-propre d'artiste. Us ont fait plus : ils y ont apporté la conscience de véritables comédiens. Et pour faire l'illusion complète, pour achever de troubler et démouvoir, il en est qui ajustent ^^' jusque sur leur visage le mensonge de toute leur personne, qui se griment, qui se plâtrent, qui se dépoudrent les cheveux, qui se pâlissent en se privant de vin. Il en est même qui pour un rendej-vous décisif se mettent du désespoir sur la figure comme on s y met du rouge : avec de la gomme arabique délayée, ils
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se font sur les Joues des traces de larmes mal essuyées ' /
D'autres vont droit au fait. Du Jour où l'homme pour plaire n'eut pas besoin d'être amoureux ^ il pensa que dans des cas pressés on le dispenserait même d'être aimable. Avec cette pensée tomba le dernier honneur de la femme, le respect qui l'entourait ; et l'amour n'eut plus honte de la violence. L'insolence . la surprise^ devinrent des procédés à la mode; leur usage ne marqua pas l'homme d'infamie ni de bassesse, leur succès lui donna une sorte de gloire. La femme même, brutalement insultée.