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ter à l'abîme de l'ordure. Au delà, il n'y a plus d'humanité; il n'y a plus que des miasmes où Von ne respire plus rien. où. la lumière s'éteindrait d'elle-même aux mains qui voudraient la tenir.
Remontons vers ce qui est la vie.
vers ce qui est le Jour . vers ce qui est l'air, vers la Nature, vers la Passion j vers la Vérité, la santé, la force et la grâce des affections humaines. Aussi bien après cette longue exposition de toutes les maladies et de toutes les hontes des plus nobles parties du cœur, après cette démonstration des plaies et des corruptions de l'amour, on a besoin de secouer ses dégoûts.
Il semble qu'on ait hâte de sortir d'une atmosphère empoisonnée. L'âme demande une hauteur où elle reprenne haleine . un souffle qui ha rende le cielj un rayon qui la délivre, une image qui la console, et où elle retrouve la conscience de ses instincts droits, de ses purs attachements, de ses élévations tendres, de ses immortelles illusions, de sa vitalité divine.
Il est temps de chercher le véritable amour, de le retrouver et de montrer ce qu'il garda d'honneur . de sincérité, de dévouement . ce qu'il imposa de sacrifices, ce qu'il coûta de douleurs, ce qu'il arracha de vertus aux faiblesses de la femme dans un siècle
de caprice, de libertinage et de rouerie.
Pour n' avoir pas eu la même publicité, la même popularité que la galanterie, pour apparaître au second plan des aventures du temps^ hors du cadre des mœurs générales^ des théories régnantes, des habitudes morales et de la pratique Journalière^ l'amour véritable n'en a pas moins eu sa place dans le xvin"^ siècle. Que l'on prenne en ce temps l'hofnme qui a le mieux peint V impudence de l'amour en vogue, l'élégance de son cynisme, la politesse de son libertinage, le romancier qui a écrit le Sopha. les Egarements du cœur et
de l'esprit, la Nuit et le Moment; que trouve-t-on derrière son œuvre et au fond de sa vie? une mystérieuse passion, un bonheur et une religion voilés , l'amour de AP'^ de Strafford '. — Voilà le siècle : il a affiché le scandale, mais il a connu l'amour.
Il est au commencement du siècle une femme qui retrouve les larmes de l'amour. Elle rend à l'amour son honneur j, sa poésie, en lui rendant le dévouement et la pudeur. Elle laisse au seuil du xviii® siècle un de ces tendres souvenirs dont le cœur humain fait ses légendes et vers