‹ L'amour chez Alphonse Daudet: essaiChapitre 8 sur 12 · DANS LES RUINES · texte numérisé non relu

DANS LES RUINES

sans rumeur, où frémit seulement de temps à autre, en respiration vivante, en haleines et en soupirs, ce qu'il reste de fraîcheur et de souffles après une chaude journée d'été.

Tout en haut de la haute muraille faisant face au midi, des rangées de fenêtres alignent leurs trous réguliers, leurs carrés d'azur vide, d'un azur qui s'enfonce, indéfiniment reculé dans le ciel. Au loin, dans les massifs du parc, une cigale chante, toute seule ; et ce chant entêté, lent, sans force, s'en va mourant dans le jour qui s'éteint. Un hibou commence, au loin, à hululer. Un autre lui répond dans le parc, déjà tout noir d'ombre. Et les ruines aussi deviennent plus noires à mesure que le jour pâlit. La lumière du couchant est restée claire, mais n'est déjà plus vive. Et peu à peu, silencieusement, solennellement, la nuit descend sur les ruines désertes, immobiles, efîrayantes comme des squelettes démesurés* >- Et depuis près d'un siècle, tous les soira, Ift nuit descend ainsi, avec le même silence^ dams. la même solitude, sur les mêmes ruines muettes. • .

Page 1