DU CHATEAU DE TOUEVES
Est-ce bien la nuit, ce subtil enveloppement d^ombre, ce mystérieux calme que rend plus profond le chant de deux ou trois hiboux et parfois un cri d'enfant, un cri montant des rues du village ? Est-ce bien la nuit, cette mélancolique langueur d'atmosphère, cette lassitude presque endormie des choses, ce firmament lumineux et immaculé de Provence, où l'enivrement des brises semble aviver les étoiles ?
Il sort de ces ruines une rêverie immense, faite d'accablement et de curiosité. A l'isolement navré de ces débris, à l'immuable paix de ces murailles l'évocation de la pensée fait succéder la vision de l'histoire des Valbelle, le monumental château, un des plus beaux de France, avec ses grandes salles à haut plafond, le va et vient deç laquais, les marquises s'éventant dans l'entre-colonne du promenoir, les équipages et les écuries, les bals, — hélas ! les bals historiques — de maîtresses nues dans les salons éclairés, lea robes à panier, les perruques poudrées, les épées et les madrigaux, une partie de ce monde libertin, ëi;enfaiîiiôte-6t/Zoriane<gue