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CHAPITRE IX L'AMITIÉ

11 faut nommer en premier lieu, parmi les espèces d'amour que nos rapports avec le prochain occasionnent, l'amitié, dont le nom seul évoque en nous des visions calmes, des sentiments d'une ardeur contenue, mais si magnanimes que les mots de saint Paul à propos du Christ : « JVï la vie, ni ta mort, ni tes choses présentes, ni tes cîjoses futures... rien ne pourra nous séparer de son amour », nous semblent naturels autant que l'amitié même.

Deux jeunes hommes au regard clair, à l'allure ferme, debout et la main dans la main, l'oeil fixé sur un but commun que chacun semble envisager avec une nuance de pensée et sous une impression qui lui appartient, mais qu'il communique, ce serait un assez bon symbole. Un statuaire en ferait un marbre.

i38 L'AMOUR CHRÉTIEN.

Les éléments que j'y introduis ne sont pas choisis au hasard. Je n'admets que deux personnages, parce que l'amitié, en son idéal, exige tant de conditions que c'est déjà beaucoup espérer que de voir cellesci réunies en deux êtres. « ]] faut tant de rencontres à la bâtir, disait Montaigne, que c'est beaucoup si la fortune y arrive une fois en trois siècles. » Jugement excessif, à moins qu'on ne donne au mot un sens absolu qui ne convient pas à l'humanité. Mais ' qu'on puisse être aimé quand on est connu à fond ; qu'on aime soi-même celui qu'on connaît à fond, et que ces deux cas si rares se rencontrent, s'emboîtent, respectés par la vie qui disperse tant, dominant les passions et les intérêts qui séparent tant : tout le monde comprend que cela n'est pas commun.

L'amitié a beaucoup de sosies; elle n'a guère de héros authentiques, et elle ne fait jamais groupe. « Mes amis, disait en souriant Aristote, il n'y a point d'amis (i). »

J'ai supposé que mes personnages sont jeunes; non pour dire qu'il n'y ait plus d'amitié dans l'âge mûr ou dans la vieillesse : ce serait une contradiction, vu que par nature l'amitié est durable. Ceux qui cessent d'être amis ne le furent jamais, assurait

(i) Mot cité par Diogène Laerce comme familier au Stagiritc.

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saint François de Sales. Mais pour la formation de l'amitié, la jeunesse est autrement favorable. La générosité y est moins rare ; les espérances toutes neuves invitent à lier partie en vue de départs qui plus tard nous trouveront lassés; les ambitions tendent moins d'embûches, et les passions plus vives, mais moins tenaces, s'accommodent mieux. Dans l'âge mûr, on se lie déjà moins, et dans la vieillesse, on ne se lie presque plus, ne trouvant guère à mettre en commun que des souvenirs, des habitudes, qui prêtent moins aux échanges.

11 n'y a qu'un remède à ce déclin de nos pouvoirs d'aimer : c'est de se placer sur un terrain à l'égard duquel nous soyons toujours jeunes. L'amitié spirituelle, comme la conçurent les saints, peut se former au bord du tombeau. S'établissant au niveau de l'éternel, assurée que les années ne travaillent que pour nous, si nous savons en recueillir les valeurs morales, elle se trouve préparée à se faire un avenir du passé, au lieu de laisser ce dernier à sa mélancolie de campo-santo triste. Quand la vie est au ciel^ selon le mot de saint Paul, il n'y a pas de motif pour que le temps impose ses conditions, ni non plus ce qu'il mesure. On engagera de concert le voyage surhumain quand il plaira à Dieu de vous lier ; on ne trouvera point d'obstacle dans le temporel

dont on n'a cure; votre vaisseau aérien ne se heurtera qu'aux remous invisibles dont le pilote intérieur nous apprend à avoir raison, et la définition de Bossuet sera pleinement satisfaite : l'amitié est un commerce pour s'aider à jouir de Dieu.

A l'égard des simples chrétiens, qui mettent Dieu dans la vie sans lui en accorder l'exclusivité, une part demeure de cette longévité des cœurs sanctifiés; mais la mesure en dépend de notre niveau intérieur. Pour le commun, l'amitié suit la loi commune : on se lie plutôt à l'âge des espoirs et des faciles désintéressements. Alors, regardant la vie avec confiance, on s'y engage avec fermeté. On est debout, comme nos jeunes hommes symboliques, la pupille adaptée au loin, la démarche solide, parce qu'on se sent arc-bouté; tranquille, parce qu'on sait qu'on verra à droite, fût-on à gauche, qu'on pourra voir en même temps à droite et à gauche, ayant doublé ses ressources aussi bien que son regard.

On se tient la main pour dire, comme Dominique à François d'Assise : « Tenons-nous ensemble et rien ne prévaudra contre nous », ce qui signifie : Soyons deux êtres en un seul être, deux mot dont chacun dit nous^ deux corps doués d'une seule âme, deux arceaux pour une seule ogive, afin de porter de supporter, de faire, de valoir, en un mot d'être

ce que chacun isolé ne serait et ne pourrait à lui seul.

N'étant qu'un seul en deux, on transporte l'un dans l'autre l'instinct qui nous attache à notre être. On se souhaite de longs jours, à déverser dans le jour sans déclin; on se souhaite une large vie, que viendra intensifier la vie avec l'Immense; on se veut du bien en chaque occasion et l'on s'en fait. On partage; on ne compte pas. On se sent heureux de mener la vie en commun, comme les membres sont heureux de communiquer dans des fonctions pleinement solidaires. On considère comme un événement personnel ce qui arrive à l'autre, joie ou peine; on juge de même de cette couleur claire ou sombre des faits humains. Enfin, n'étant qu'un seul, on regarde vers un seul but et l'on aime ou se propose les mêmes choses, je dis à l'égard des grands objets.

Ne citions-nous pas le mot d'Augustin : « Dis-moi ce que tu aimes, je te dirai ce que tu es » ? Si nous aimons deux choses, parmi les grands objets de l'existence, nous sommes deux, irrémédiablement. ]1 faut la concordance des vouloirs, la concordance des amours, entre ceux qui entendent n'être qu'un pour valoir dduble.

Et c'est une grande raison pour qu'il n'y ait d'amitié vraie que l'amitié vertueuse; car on ne peut

vouloir durablement la même chose que si l'on veut ce qui ne change pas. Les objets des passions sont variables; nos intérêts se déplacent d'un jour à l'autre; ces choses-là ne tiennent pas à la personne en ce qu'elle a de permanent : sa valeur propre, ni en ce qu'elle a de central et de profond : son attitude à l'égard de la vérité de la vie. S'aimer pour son plaisir, s'aimer pour son profit, ce n'est pas s'aimer l'un l'autre; c'est aimer son plaisir, son profit, et comme la coïncidence entre le plaisir ou le profit de l'un, le plaisir ou le profit de l'autre dépend de hasards et ne dure jamais longtemps, cet égoïsme à deux ne peut créer de liens solides. Seul le bien, qui est immuable, vous retrouve toujours d'accord. Les personnes étant autres, identique est alors leur cause; elles la plaideront avec des arguments qui pourront différer; mais l'identité des vouloirs profonds ne permettra plus les divergences irrémédiables.

Que veux-tu, frère, que je ne veuille, lorsque tu veux le bien? Tu cours à un but? j'en suis! Tu t'opposes à un obstacle? j'accours, et je creuse la mine, j'allume la mèche avant même de demander : Que fais-tu là? Un adversaire t'atteirft? ta cuirasse est percée d'abord : c'est mon cœur. Je ne m'écarte de rien, je ne me soustrais à rien quand tu le veux,

parce que je sais que tu veux bien, et que je me retrouve moi-même tout conquis, dans ce que ton vœu profond identifie à ta personne.

Nous pensons chacun à part, il est vrai ; mais nos cœurs ont le même rythme. Vois-tu le bien ailleurs que moi, volontiers je regarde où tu vois; tu feras de même. Après ce débat qui est une recherche; après une lutte où

Ce je ne sais quel dieu qui veut qu'on soit vainqueur

a pour antagoniste le dieu de l'amour qui se plaît à la victoire de l'autre soi-même, tous deux ayant pour arbitre le Dieu suprême qui est Dieu de la vérité et du bien, nous sommes tout prêts à désarmer, n'éprouvant nulle blessure; nous emboîtons le pas ensemble vers ce but qui n'a pas changé, tandis que nous disputions du chemin.

De même, restant unis en dépit d'opinions diverses, on pourra rester unis en dépit de caractères divergents. Mes deux jeunes hommes, quoique faisant route ensemble, ne se ressemblent pas. Je les conçois bien plutôt se complétant : l'un plus actif, l'autre plus réfléchi ; l'un théoricien, l'autre pratique; l'un artiste ou poète, l'autre songeant au potau-feu; l'un disposé aux excès de Cyrano, l'autre aux sagesses placides de Le Bret, sans qu'on cesse

d'être sûr qu'on les retrouvera tous deux à la fin de la pièce, unis, riches de souvenirs, ayant su s'éviter quelques fautes, en réparer beaucoup et payer les conséquences des autres d'un cœur qui ne compte pas quand il s'agit de souffrir, non plus que lorsqu'il s'agit de donner ou de recevoir des joies et des utilités.

Se ressembler et s'aimer, c'est se doubler en quantité; être dissemblables et s'aimer, c'est se doubler en espèce et en qualité. Or l'espèce enrichit plus que le nombre. Soyons divers plutôt, quand il s'agit non de s'atteler, comme deux boeufs bien appareillés, à une charrue immuable ; mais de labourer aujourd'hui, demain, de courir un steeple, de mener à bien, à deux, les tâches variées de l'existence.

Les anciens se demandaient si l'amitié consiste principalement à aimer ou à être aimé, lequel des deux est le meilleur, et ils brodaient là-dessus des variations riches. Les chrétiens ne peuvent pas hésiter. Leur Maître leur a dit : « 7/ est plus heureux de donner que de recevoir » et : « "Personne n aime davan^ tage que celui qui donne sa vie pour ses amis, »

Evidemment, toute disposition intérieure doit se révéler d'abord par ses actes propres : or, être aimé, c'est un acte de l'amitié d'autrui. Que je sois aimé, cela peut servir à prouver que je sois bon, mais non que je sois ami, tout au moins à titre direct. N'es time-t-on pas d'ailleurs ceux qui se montrent capables d'aimer, plus que ceux qui reçoivent de l'amour? Ces derniers, s'ils ne paient de retour, nous paraissent méprisables, et nous donnons volontiers comme modèle de l'amour sublime l'amour des mères, qui consentent à être oubliées, dédaignées, pourvu que l'enfant profite.

Celui qui aime le mieux, ce doit être le meilleur, et le meilleur, c'est aussi le meilleur ami. Donc, l'amitié, que le meilleur ami représente au plus haut degré, consiste en premier lieu dans l'amour actif. Souvenons-nous de nos pensées sur l'amour divin. Dieu nous aime tellement le premier, d'un amour tellement actif que l'amour même que nous avons pour lui est son oeuvre. Dieu m'aime pour que je sois; il m'aime pour que je sois aimant; il m'aime pour que j'aime, et c'est un reflux de ton flot, océan de l'amour, que je lance vers tes rivages. Or, Dieu, l'Amour vivant, est le modèle des amours. Donc, de nouveau, je suis certain qu'aimer, plus que d'être aimé, est le rôle de l'amitié vraie.

l'amour CHRiÉTIEN. JO

J'en conclurai que la vraie amitié veut le bien de l'ami plus que toute utilité et que toute jouissance prise en son commerce. S'il fallait, pour ce bien, ne plus profiter et ne plus jouir, volontiers elle s'y résoudrait. Celui qui sait se priver de son ami pour mieux se donner à son service est plus ami que celui qui aime tant, prétend-il, qu'il ne peut supporter l'absence. De même, celui-là aime mieux qui prend sur soi de contrister, de contredire énergiquement, en vue d'un mal à éviter ou d'un bien à procurer. 11 faut faire en faveur d'un ami tous les sacrifices, même celui de la vie, car l'amitié vaut mieux que la vie; mais quelle sotte amitié serait celle qui sacrifie ce sur quoi elle est fondée, à savoir le bien! Si votre ami s'oublie dans le mal, essayez de l'en retirer, comme vous le devez en ce qui vous concerne; insistez-y tant qu'il y a de l'espoir; mais ne poussez pas jusque sur le terrain où il tombe la communication des vies : ce serait une complicité au lieu d'un secours.

Après cela, ayant satisfait à l'amitié en son premier acte, qui est le don, il sera temps d'y satisfaire par des acceptations cordiales.

Ne croyez pas, ô mes amis, que je méconnaisse le devoir d'accepter, de goûter ce que votre cœur me donne! N'est-ce pas tout notre amour de Dieu,

que de recevoir le sien? Mieux vaut donner que de recevoir, disais-je; mais recevoir, c'est aussi donner. Reçois, mon cœur, pour que l'ami trouve en toi le témoignage de ce qu'il donne. Sois heureux, pour qu'il dise : Je fais donc du bonheur! Quand tu fleuris en joie, comme une prairie arrosée par une source, la source chère bondit; elle se sent fraîche et elle jouit d'elle-même ; de ta sève et de son flot il se fait une continuité où l'on ne sait plus, tant la vie fait l'unité heureuse, si la plante est en dette parce qu'on l'arrose, si la source est en dette parce qu'on la fait verdir en autrui.

Bien mieux, si les amis ne sont pas égaux en valeur, en destinée, le meilleur doit consentir à ce que ce soit sur son terrain principalement que l'amitié s'installe. Non qu'il se reconnaisse plus de droits : une telle prétention détruirait l'amitié sur l'heure; mais parce que l'amitié se fondant sur le bien, son centre s'établit nécessairement là où le bien prédomine, et qu'on y consente en commun, ce n'est ni exigence d'une part, ni de l'autre faiblesse : c'est oubli dCs personnes et juste appréciation du meilleur.

]] faudrait en inférer que celui qui a le plus de valeur morale doit être le plus aimé, n'était que sa valeur, qui le rend plus digne d'amour, le rend

aussi plus apte à aimer et en plus prompte disposition de le faire. 11 est plus aimable en tant que meilleur; il est plus aimant en tant que meilleur ami. 11 peut, lui, aimer le second selon tout le mérite du second; ce dernier peut n'être pas suffisant pour payer sa dette; mais il n'aura pas lieu de s'en attrister, car l'impuissance qui le tient, c'est la grandeur de son ami qui la mesure, et cette grandeur n'estelle pas à toi, ô coeur uni à son cœur?

La valeur de l'amitié vraie ne saurait être exagérée; ce qu'on en dira sera toujours au-dessous de ce qu'elle porte. L'Ecriture l'a louée comme un inestimable trésor. Tous les Anciens ont fait assaut d'éloquence attristée sur son prix et sur sa rareté désolante. Je ne sais si dans nos temps plus agités, plus âpres, on ne soupçonne pas davantage encore ce que vaut ce repos actif d'une existence appuyée contre une autre : telles deux barques pour résister au ressac si dur de nos côtes mouvementées.

Tout le monde voudrait cette force, cette sécurité; mais rarement nous sommes assez riches pour nous en procurer le bénéfice. L'amitié vaut, et pour cette raison l'amitié se paie. Plus d'un la mériterait qui ne Ta point; mais la plupart l'appellent qui seraient en peine d'y satisfaire. Ils savent et

disent qu'il est difficile de trouver un ami ; ils ne songent pas à se dire, bien que ce soit la même chose, qu'il est difficile d'être, soi, un ami. Alors, ils laissent les amitiés possibles s'enfuir. Si elles s'amorcent, promptement l'égoïsme et les défauts qui vivent de lui s'en emparent et les faussent. On exige trop ; on veut pour soi ce qu'on se garde d'apporter à l'union; les deux poids et les deux mesures, les deux besaces pour les défauts, la paille et la poutre évangéliques, tous ces symboles des injustes rapports viennent en cause. Au lieu d'accorder du prix à ce qu'on reçoit, on en met à ce qu'on donne, ce qui est renverser les rôles. On agit comme si l'on pensait : Vous me devez cela, étant mon ami, sans songer qu'on ne vous doit pas d'être votre ami. On manque de procédés; on se néglige, oubliant le respect de soi dans son autre soi. On se laisse aller aux défauts de caractère, qui ont de quoi ruiner l'amitié, en ce qu'ils s'opposent à la vie commune, sinon à la bienveillance et à l'estime. Dans une campagne, on est empêché de se joindre aussi bien par un buisson épineux que par un mur. 11 arrive même que très nettement, quoique inconsciemment, on essaie d'établir l'amitié sur une duperie, n'apportant, soi, que la fausse amitié d'intérêt ou de plaisir, de sympathie facile, de belle

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humeur, de flatteries agréables, et escomptant en retour le gain d'un ami vrai, qui devra sacrifier pour nous le meilleur de son existence. Ce mensonge fondamental est trop vite manifeste î L'amitié ne s'y prend point ! On voulait la mettre en cage, la nourrir au rabais comme le chardonneret de la croisée : elle s'enfuit; car elle a sa fierté d^oiseau rare. 11 est de l'essence de l'amitié d'être réciproque, et il n'y a pas réciprocité quand le nom seul est pareil et que l'ironie d'Aristote nous guette. Mon ami, dirait-il au trompeur inconscient, tu n'es pas mon ami.

Comment nous étonner que les amitiés soient rares, quand les hommes le sont tant! C'est ce qu'il y a en nous d'humanité vraie, qui en est la large base. La richesse de la vie et son assiette ferme font celles de l'amitié, qui ensuite rendra la vie et plus ferme et plus riche. Et c'est pourquoi l'amitié complète, c'est l'amitié chrétienne établie sur la charité. L'amour de Dieu nous organise au dedans, disions-nous; il nous assure contre nous-mêmes; il nous enrichit infiniment, puisqu'il fait nôtres, en espérance et en réalité intérieure, toutes les richesses de Dieu. L'amour du prochain comme nousmêmes donne à l'amour de Dieu toutes ses nécessaires extensions. L'amitié vraie, procurant à l'amour du prochain son cas maximum et à l'amour de

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soi dans l'amour de Dieu son double de valeur et de pouvoir, ne peut manquer de nous établir dans une solidité intérieure et extérieure admirable.

Elle nous sera un avant-goût de ce temps où, dans la pleine possession de nous-mêmes multipliés par tous, nous vivrons la vie de Dieu, ensemble, dans une amitié qui nous sera à tous commune, sans faire tort à la hiérarchie de nos liens. Elle ne sera pas une récompense, bien qu*elle ne soit donnée qu'au mérite : elle sera mieux! Qu'on appelle récompense ses joies et ses utilités immédiates : ellemême, en achevant notre personne et en facilitant nos vertus, nous met sur le chemin des récompenses suprêmes où elle ira chercher sa consommation.

A la vie et à la mort, c'est bien le mot de l'amitié, si la vie prend de son fait une signification supérieure, et si la mort compte sur ses résultats pour que la vie prenne par elle un nouvel essor.

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