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en nous, ne pourra aimer qu'en se fondant sur des convenances raisonnables. Ce que nous trouvons dans Tinférieur à J'état inférieur, nous devons le trouver supérieur dans le supérieur, précisément parce que la loi générale est la même.
Ensuite, cette conception d'un amour naturel de tout être pour ce qui lui est convenable nous instruit sur la Providence. Car si les êtres inférieurs, d'où la connaissance est absente, recherchent ainsi sans le juger ce qui convient à leurs fins et aux fins universelles, une telle tendance, qui implique pourtant jugement, puisqu'elle est adaptation, enchaînement prédéterminé des moyens et des fins, synthèse, nous invite à remonter plus haut pour trouver la Raison qui l'explique. On voit quelle suite d'idées nous conduirait ainsi pas à pas vers l'Idée suprême (i).
L'amour passion est un effet, en nous, des biens sensibles appréhendés par les sens.
(i) Cf. Sertillanges, Les Sources de la Croyance en Dieu, ch. i)j. Perrin, éd.
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Quand par ces fenêtres et ces portes le dehors a fait irruption, quand il travaille à fonder son règne, quand il suscite par sa présence des impressions dont les transformations mystérieuses ont pour terme Taction, Tamour naît.
L'amour est une adaptation unitive, une complaisance, une sorte d'alliance affective qui attache notre être, au dedans, à ce qui lui en paraît digne. Ce n'est pas encore le désir; mais le désir suit, car ce qui est ainsi aimé et non possédé tire à soi; par son image en nous, il presse sur nos ressorts intérieurs; il provoque l'élan, et cet élan, à supposer son impétuosité suffisante et non combattue, entraînera nos pouvoirs moteurs, de telle sorte, dit saint Thomas d'Aquin, que le cercle de l'action se referme; l'objet avait commencé, il avait attaqué par les sens, il recevra l'effet.
Le désir est une réponse à la provocation des biens dont la possession sera l'usage, dont la jouissance sera le fruit. L'amour en est comme l'adoption intérieure, par la complaisance.
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On sait assez que dans J'ordre humain, l'amour passion est une source mêlée, dont l'écoulement donne lieu à toutes les beautés et à toutes les hontes. Comme le dit le poète.
L'amour est charmant, pur et mortel... ;
c'est une douceur qui amasse en soi toutes les cruautés de la nature; c'est une prudence qui touche à la folie, une puissance qui est mère des pires faiblesses, une générosité dont Tégoïsme est sans loi, une vérité familière des ruses ; c'est un voyant et c'est un aveugle — un bandeau et des yeux tout autour de la tête sont ses symboles également authentiques; c'est un idéaliste dont la positivité déchaînée nous fait peur; c'est un agent de bonheur et de cataclysme ; c'est un esprit fier et rampant; il a toutes les confiances et tous les soupçons, toutes les audaces et toutes les platitudes, toutes les pudeurs et tous les dérèglements, toutes les bontés et toutes les fureurs.
Ce qui lui manque le plus, c'est la justice. Pour que l'amour soit juste, il faut qu'il soit
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imprégné de raison, imprégné de Dieu. Mais alors ce n'est plus une simple passion, c'est une vertu ; disons mieux : c'est le point de départ, c'est la puissance d'élan et c'est la règle supérieure des vertus.
Nous arrivons ainsi à l'amour vouloir.
Cette troisième sorte d'amour s'explique comme les deux autres et implique les mêmes mouvements; mais à un autre niveau. Ce que la simple tendance appelée amour par métaphore est aux êtres privés de connaissance, ce que la passion appelée amour au sens propre est à l'appétit sensitif, l'amour qui est un vouloir l'est dans um sphère plus élevée, celle de l'esprit, où s'établit la vie raisonnable.
L'objet commence, ici encore; c'est lui qui possède une valeur et qui la fait reconnaître; mais au lieu que cette valeur de l'objet n'ait pour juge que la nature, comme dans les corps bruts, ou que les sens, comme dans l'animal ou dans l'homme en tant qu'animal, elle a pour juge la raison. Le verdict porté, l'appétit rationnel appelé volonté déclanche; il s'é-