UN PARI AUX CHAMPS-ELYSÉES
Qui d'entre nous n'a connu, dans ces dernières années, Maurice d'Orbessac? Pour les uns, c'était un enfant prodigue; pour les autres, c'était un aventurier; mais tout le monde s'accordait pour vanter ses paradoxes , ses belles manières et son esprit enthousiaste. ]1 donnait le pas à toute la jeunesse dorée; c'était à qui l'imiterait parmi ses amis d'un jour; mais imite-t-on l'esprit et la grâce? t'était le plus beau fumeur de son temps a pied et à cheval. Je crois le voir encore, à la porte de Tortoni, s'amusant à jeter l'effroi parmi les joueurs à la hausse. Il avait l'art
de persuader, au point que, bien qu'il sorltt de chez lui ou plutôt de la chambre à coucher de sa dernière maltresse,- on le croyait sur paiiole quand il annonçait ce qui s'était dit au dernier conseil tenu chez M. de Melternîcb, aux Tuileries ou à Windsor. Mais c'est surtout dans les Champs- Élvsées qu'il m'apparaît encore chevauchant et fumant avec la grâce d'un Oriental. Toutes les femmes qui le voyaient tourbillonner dans l'avenue disaient à leurs maris ou à leurs amants : Voyez donc quel beau cheval !
On n'a point oublié sa belle figure, si profondément intelligente, bien qu'il masquât souvent sa pensée par un air d'insouciante gaieté. Il avait frappé les peintres, et surtout les sculpteurs, pour la fermeté des lignes. Pradier, dans le buste qu'il nous a laissé de Maurice d'Orbessac, a merveilleusement rendu les contours exquis de ce profil franco -grec qui rappelait vaguement la poésie d'André Chénier. Depuis la Madeleine jusqu'à l'Opéra, cette figure était souvent citée au grand dépit des amoureux. Il arrivait même que les beautés bruyantes de ces parages répétaient à quelques vieux ^tdorateurs ce mot d'une comédienne : « Ah! si vous veniez me voir avecla figure de M. d'Orbessac ! »
Maurice n'était pas seulement renommé pour sa figure et son esprit ; il l'était encore par ses prodigalités. Les roués de la régence, les seuls qui aient compris royalement la vie galante, n'étaient pas plus grands seigneurs que Maurice. Un soir qu'il soupait tristement en folle et joyeuse compagnie , un de ses amis , prononçant son oraison funèbre pour le rappeler à la gaieté, débuta ainsi :
Ci-gît Maurice. Nul n'était meilleur cavalier, ni meilleur
cheyalier ; nul ne savait mieux dompter les chevaux et
les femmes indomptables. »
A la fin d'avril 1846, il était allé s'asseoir aveiî trois e ses amis dans les Champs-Elysées pour assister au pectacle varié de cette promenade, où tout le beau Paris laie son luxe et son ennui.
11 s'écria entre deux cigares :
— Nous vivons dans un temps misérable; quand on ►ense qu'il n'est pas un de nous qui soit capable de )rendre une femme d'assait!
— Et d'abord , lui répondit un de ses camarades en voyant passer le coupé d'une courtisane, parmi toutes îes femmes qui passent, en est-il une seule digne en tout joint de nous faire courir dans la poussière de son charl
— Voilà bien, reprit Maurice, des discours d'hommes timorés qui s'imaginent toujours qu'aux moindres de leurs actions, le monde va crouler sur eux ! Pour moi, je vous réponds que déjà, depuis cinq minutef^que nous sommes assis au pied de cet arbre, j'ai vu x>asser plus de jolies femmes qu'il n'en faut pour assouvir deux cents cœurs comme les vôtres.
— Je reconnais bien là tes façons de parler, dit un des quatre en faisant siffler sa cravache : tu ris des dangers de la guerre, sauf à ne jamais voir le feu.
— Moi? que dites-vous là? «On connaît ma valeur, » comme chante Roger.
-— Quelle jactance! dirent à la fois les trois amis de Maurice.
— Écoulez, messieurs, dit le jeune homme d'un air
déterminé, je gage cent louis que, tout à rheure, dass un instant, d^s que je verrai passer une femme seiA dans une calèche, — une vraie femme, ni courtisane, ni bégueule, une vertu à trente-six carats, je m'éiancel côté d'elle et lui baise la main de son plein gré avarij d'arriver à TArc de Triomphe.
— Je tiens la gageure, dit un des amis, car je saisque tu nous diras toute la vérité.
— Songes-y bien, reprit Maurice, c'est cent louis.
— J'j' ai songé. C'est après tout une partie de lansquenet, et je m'étonne que les joueurs effrénés de cet hiver n'aient pas trouvé un moyen plus pittoresque de penire leur argent. Je le jure, mon cher Maurice, que je ne me plaindrai point du sort si tu gagnes les cent louis; je te jure aussi que, dans cette partie de lansquenet, je ne demanderai point à voir le dessous des cartes. Maintenant il faut choisir une jolie calèche, une jolie femme et une jolie main.
— Pour moi, dit un des gais compagnons, j'avoue que je me méfie un peu des femmes qui sont seules dans une voilure; c>ar, si elles étaient belles, seraient-elles seules?
— Tu ne sais pas ce que lu dis. Elles sont seules par un surcroît de coquetterie; elles savent très-bien que la place auprès d'elles n'étant pas occupée, chacun vi«îdra s'y placer en imagination.
A cet instant, Maurice remarqua une très-éléganle calèche du meilleur style, où semblait rô»ver une belle femme à demi voilée par le saule ondoyant de son cliapeau. Cette femme avait des airs de sultane couchée. Maurice se leva vivement.
— Messieurs, j'espère- que le roman va commeucer. Attendez -moi là.
11 s'avança au-devant du cocher sans doute pour lui dire d'arrêter ; mais, par un hasard assez heureux, un tilburj, qui tra,versait, força le cocher de la calèche à retenir ses chevaux impatients.
Maurice ne perdit pas une seconde; alerte comme un daim, il s'élança dans la calèche comme un coup de vent. 11 salua la dame de l'air du monde le plus respectueux. C'était une comtesse, une des gloires du faubourg Saint- Honoré. Gomme le soleil était ardent. M™» de Fargîel, un peu éblouie, cherchait à reconnaître ce hardi visiteur. Maurice avait, en passant, jeté un coup d'œil sur les armoiries.
— Madame la comtesse^ dit-il en s'asseyant vis-à-vis d'elle, vous cherchez à savoir d'où je viens, qui je suis et où je vais? Daignez m' entendre un peu.
— Mais, monsieur, je ne vous connais pas; une pareille audace...
— Âhl madame, quand vous saurez pourquoi je suis venu.
— Monsieur, descendez à l'instant, ou j'ordonne à mes gens... , <.
— Mon Dieu I madame, monter, passe encore; mais descendre ! Pensez donc quel danger je courrais.
— Que;[m'\pûporte, monsieur?... André, je vous ordonne...
— Remarquez, madame, qu'il y a deux ou trois cents regards attachés sur nous. Jugez du scandale si vous me
faites descendre de force, car je vous jure que je ne des* ccnd rai pas de bonne volonté. . .
. En disant ces mots, Maurice avait Tair de regarder li dame avec admiration et avec amour.
Elle ne put s*erapêcher de remarquer cjue son audacieux et fortuit compagnon de promenade avait la main fine, Tair spirituel et distingué, les dents très-blancbes sous des moustaches brunes. La curiosité de la comtesse vint donc au secours de Maurice.
A cet instant, un très-joli landau, qui avait Tair d*une corbeille de fleurs, tant les femmes qui s'y trouvaient étaient fraîches, jolies, parées avec éclat, passa à côté de la calèche; une voix claire attira les regards de Maurice. Il salua les femmes du landau avec, une grâce parfaite. On lui rendit son salut avec un sourire aimable et presque familier. La comtesse, qui avait tout observé, deviot de plus en plus curieuse. Dès cet instant, elle ne songea plus à faire descendre de force le mystérieux personnage.
— Enfin, monsieur, expliquez-vous...
— Madame, je ne vo'us dirai pas que je me suis trompé de porte, comme cela arrive quelquefois dans les comédies. J*ai rhonneur d'être près de vous, parce que j'ai voulu être près de vous. Un esprit vulgaire ne manquerait pas de vous dire, pour s'excuser, qu'il croyait vous connaître, qu'il vous avait vue dans quel({ue endroit où il ne va jamais, comme aux eaux, aux courses, aux Italiens, aux bals des ambassades; moi, je ne vous ai vue ,
nulle part; mais j'ai voulu vous voir; comme peut-être j'eusse été très-longtemps sans vous rencontrer, j'ai pris
tout simplement le chemin de traverse, habitué que je suis d'ailleurs aux dangers du steeple-chase.
— Savez- vous, monsieur, que tout ce que vous me dites là est fort impertinent; mais ici autant en emporte le ventj car je ne vous écoute pas.
— Je suis désolé, madame, d'être venu si mal à propos. Si vous l'ordonnez, je vais me précipiter hors de votre voiture ; mais, je vous le répète, prenez-y garde :. il y aura à peu près le même scandale que si je me précipitais par la fenêtre de votre hôtel, car vous comprenez bien que je n'attendrai pas que votre cocher vienne ouvrir la portière et baisser le marchepied.
— Je ne suis pas responsable des folies d'un extravagant; il arrivera ce qu'il plaira au ciel. Mais, d'ailleurs, dans quelques minutes nous serons au Bois ; là, vous pourrez descendre tout à votre aise sans vous compromettre, car, dé nous deux, il n'y aura de compromis que vous-même.
Jusque-là, la comtesse s'était masquée, pour ainsi dire, avec une ombrelle grande comme un éventail. En prononçant ces derniers mots, elle baissa son ombrelle et regarda Maurice avec un léger sourire.
— Àh mon Dieu! madame! dit-il avec un<* émotion vraie ou très-bien jouée.
— Monsieur, je vous comprends de moins en moins.
— Madame, dit Maurice d'une voix affaiblie, jusqu'ici je n'étais parvenu qu'à vous entrevoir ; quand votre ombrelle est tombée sur vos genoux, j'ai été surpris par trop d'éclat, mon cœur a battu plus vivement. Tout à rheure, c'était de la folie, je Uavoue ; maintenant je sens
trop que c'est de la passion; Tamour va de surprise surprise : on veut se jouer de lui, mais c'est toujoursli qui se joue de nous. Platon avait bien raison de din que...
— De grâce, monsieur, laissons Platon dans ses dis cours; je ne veux pas savoir son avis.
— Songez, madame la comtesse...
— Qui vous a dit mon nom ?
— Vos armoiries m'ont dit votre titre, je ne cherchi pas à savoir votre nom. Daignez vous figurer queno* sommes au bal de l'Opéra.
— Est-ce que je vais au bal de l'Opéra?
— Au bal d'il y a cent ans, quand la galanterie délicate florissait en France. — Je continue donc : figurez-vi que VOU.S vous ennuyez un peu de trop de bonheur. U bonheur est comme la vertu , pas trop n'en faut. Je yo« vois passer ; malgré votre masque, je vou's trouve belle. Comment ne pas le deviner, rien qu'à votre manièie d'incliner le cou? Je vous aborde, j'ai un peu d'espriti vous en avez beaucoup. C'est toute une aventure. Nousl sommes-nous déjà vus ? — Si c'était la comtesse de B.t — Si c'était la marquise de K. ? Nous nous perdons dans l'énigme ;ce qu'il y a de certain, c'est que je vous trouve charmante et que vous ne me trouvez pas ennuyeux. Nous parlons de tous, hormis de nous-mêmes, mais nous oa pensons qu'à noire cœur, qui s'inquiète un pea» Certes , si Dieu sourit et pardonne , c'est lorsque deui cœurs se rencontrent aSisi pour une heure; deuicœuB qu'un pareil rêve agite, qu'un même rayon enflamme. C'est l'ombre du bonheur qui passe. Pardonnez-moi,
madame la comtesse, — nous sommes toujours au bal de l'Opéra. — Monsieur le comte promet à cette heure à quelque Gamargode se ruiner pour ellu. La foule est si bruyante et si touffue, que j'ai le droit de me croire seul avec vous comme au milieu des forêts vierges...
La comtesse semblait rêver avec distraction, elle penchait la tête et soupirait. Cependant Maurice voyait FArc de Triomphe.
—-Ainsi, madame, nous somanes sous le masque. Dans une heure, nous nous quitterons pour ne jamais nous revoir. Jamais, c'est bien long ; mais la vie est ainsi faite : les roses ne durent qu'un jour. Celte main, digne de Dieu et de Phidias...
Maurice avait saisi la main de la comtesse, qui le regarda d'un air surpris et sévère, mais qui ne fit qu'un trop léger mouvement pour qu'il abandonnât la main digne de Dieu, de Phidias et sans doute de M. Maurice d'Orbessac .
— Si j'étais éloquent, madame, je ferais des phrases éblouissantes sur votre beauté, si noble, si fière, si délicate et si gracieuse; mais, comme ledit Bacon, la vraie éloquence se moque de l'éloquence. Pourquoi ne pas dire tout simplement comme si le cœur pouvait parler : Vous êtes belle et je vous aime... Pardonnez-moi, madame, je parle A votre main...
Disant ce mot, Maurice inclina la tête, leva la main de la comtesse et l'effleura d'une lèvre brûlante. Tout cela se fît si naturellement, l'ombrelle masqua si à propos la figure de Maurice, que nul, parmi les promeneurs les plus indiscrets, ne s'aperçut de cet incident.
— En vérité , monsieur, je ne sais comment cela finira. Vous devriez comprendre...
— Je ne comprends que trop, madame. C'est une hardiesse dont je me repens avec angoisse. Que voulezvous? entre votre bracelet et votre gant , il y avait une place pour mes lèvres !
La comtesse eut Fair d'être distraite par une amazone qui chevauchait leste et fringante. La calèche avait dépassé l'Arc de Triomphe; les chevaux hennissaient déjà à l'odeur printaniè^e du Bois. Maurice était radieux, non pas seulement parce qu'il avait gagné son pari, mais parce qu'il venait de prouver encore une fois qu'il étail destiné aux passions aventureuses. Il n'avait pas eu le temps, depuis qu'il se trouvait dans la calèche, de se demander s'il aimerait la comtesse. Pour les chercheur d'aventures, ce n'est pas là un point capital. En homme d'esprit, il n'avait garde de rêver et de se taire; ilpaf* lait sans cesse, ne voulant pas que la comtesse eût le loisir de penser librement. Il enviait, disait-il, le sort des poêles, qui avaient le droit, grâce à la rime, de chanter de beaux cheveux touffus comme ceux qu'il admirait; il enviait les peintres qui pouvaient reproduire, avec un pinceau amoureux, ces regards humides, si fiers et si doux,-qui tombaient sur lui comme la foudre ou comffi^î un rayon du ciel.
— Mais, poursuivit -il avec feu, bien plus heureux est celui qui n'a que le droit de vous aimer!
— C'est un droit que j'accorde à tout le monde, i^^^ comtesse d'un air moqueur, à condition que personne ne m'en dira rien. Ainsi donc, dans un instant, notfj
allons nous perdre de vue, sans doute pour ne plus nous revoir; alors, qui vous empêchera de m*aimer?
— Mais qui m'empêchera de vous voir?
— Jamais! dit la comtesse d'un "ton impérieux.
— Mais de loin, comme on voit une étoile qui me pense pas à nous.
La comtesse passa son ombrelle sur sa figure.
— Nous voilà au Bois ; adieu, monsieur.
— Déjà!
— Vous prenez donc votre folie au sérieux ! A quoi bon? Pour qu'elle perde son charme, s'il y en a. Écoutezmoi : j'ai un peu la philosophie du cœur. Quand vous tra" versez rapidement une forêt, il vous vient sous la fraîche ramée une bouffée d'arômes qui vous va au cœur. Vous ne vous arrêtez pas; ce n'est qu'un peu plus loin, en dépassant la forêt, que vous respirez, par le souvenir, tout le charme de ce parfum. Il vous arrive çà et là d'entendre au milieu de toutes les musiques qui vous ennuient une note mélodieuse, un accent tout divin, un écho de la musique des anges. Comme le parfum de la forêt, cette note vous va droit au cœur; une larme de joie passe dans vos yeux ; si vous osiez, vous ouvririez les bras pour vous envoler ou pour étreindre je ne'sais quelle fée in'connue; mais c'est surtout dans les jours qui suivent que vous entendez, dans votre cœur, cette note plus ravissante encore. L'amour, c'est Ife parfum de la forêt, c'est la note mélodieuse, un rayon qui passe, un horizon qui vous attire, une fleur flétrie, mais toujours embaumée. C'est un souvenir plus triste que doux, mais dont la tristesse même est d'un attrait infini. Ne cherchez pas dans l'amour ce
qu'il ne peut donner. Croy^z-en une femme qui compte yingt-quatre printemps ; aimez au passage, et ne cherchez jamais à revenir sur vos pas; ayez des souvenirs et non des regrets. Adieu donc, et ne nous revoyons jamais.
La comtesse prononça ces derniers mots avec un peu d'émotion ; elle tendit la main à Maurice et dit au cocher d'arrêter.
Le jeune homme saisit la main, et cette fois y appuya ses lèvres avec une folle ardeur.
Un laquais vint ouvrir la portière et demander le chemin qu'il fallait prendre.
— Je ne sais pas, dit la comtesse, allez toujours. Maurice avait sauté sur l'herbe, s'était retourné, et
regardait la comtesse d'un air suppliant et résigné.
— Adieu, monsieur, reprit la dame avec un regard d'ange et de démon; si vous voyez aujourd'hui notre chère duchesse, dites-lui bien que je l'aime avec fureur.
Maurice entendit à peine ces derniers mots.
— Que veut-elle dire? Je ne connais pas l'ombre d'une duchesse.
Il comprit bientôt que la comtesse n'avait parlé ainsi que pour cacher sa folle équipée aux yeux de ses gens.
La calèche disparut sous les branches de l'avenue.
— Qu'importe! dit Maurice, je la reverrai. Cetl? femme vient sans doute ici tous les jours; et, ne fût-ce que par curiosité, elle reviendra. D'ailleurs, j'ai gagné mon pari; à ne considérer que ceci dans l'aventure, c'est déjà quelque chose. Mais, en vérité, je n'ai jamais fait un si beau chemin en cinq minutes.
Il retourna vers ses camarades de Tair du monde le plus triomphant.
Tout préoccupé qu'il fdt des dangers de sa position, en se plaçant dans la calèche, il avait remarqué que Tun de ses amis s'était fort rapproché de la voilure et avait eu le temps d'en reconnaître les gens et les armoiries/
— Que vais-je leur. dire? se demandait-il en redescendant vers le rond-point. Ils pourraient la reconnaître. 3e ne suis pas, quoi qu'elle en ait dit, au dernier mot de mon aventure; irais-je t#ut gâter pour un instant de triomphe devant eux? Ne vaut-il pas mieux aller un peu plus loin dans cette bonne fortune?
11 rencontra ses amis impatients.
— Eh bien ? lui demanda l'un d'eux.
— Eh bien! répondit- il d'une voix lente en pensant à la comtesse, j'ai perdu mon pari.
— Qui sait, se disait- il en se rappelant les beaux yeux de la comtesse, qui sait si elle me saura gré de perdre ainsi mes cent louis?