‹ L'amour comme il est (volume 3)Chapitre 19 sur 39 · MADEMOISELLE PAR-LA · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE PAR-LA

Ce monsieur doit être un étranger. Tu sais que les élrangers n*ont pas le sou. Un prince allemand m'a proposé cent florins par mois; il m'a dit qu'il n'en fallait pas davantage pour être heureux dans son pays.

l^ADEMOISELLE PAR-GI.

Et les Anglais I voilà des gens surfaits I J'en ai un qiji^ m'a apporté un service d'argenterie en ruolz,

UN MONSIEUR qui passe.

Il a eu raison. Votre cœur, est-ce que ce n'est pas du plaqué? vous êtes quittes.

Bivarol pouvait se dire un peu le disciple et le maitr|d deChamfort : c'est le même esprit mordant et enjoué, la même satire qui ne s'attendrit jamais. Us ont laissé l'un commel'autredesfragmentséparsd'uneœuvre éclatante; mais ce n'est point assez que de savoir sculpter le fronton d'un palais quand le palais n'est point bâti. Quoiqu'ils fussent contemporains de Jean-Jacques Rousseau et de Bernardin de Saint-Pierre : quoique

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fourrure de trois cents livres, car je suis ruinée. »La Clarine, ayant connu cet ordre, dît que ceci la regardait. Elle choisit deux fourrures de quatre-vingt-dix mille livres et dit à Tambassadeur de les envoyer à la czarine de Choisy « contre argent, » ajouta-t-elle. — « Combien? demanda Tambassadeur. — Contre trois eents livres; n*est-ce pas le prix convenu?» ' Avant et après Louis XV, combien de maîtresses du roi sont mortes de misère pour avoir voulu tenter cette fortune périlleuse I

^ Madame de Mailly ne s'était pas enfermée chez les Carmélites, comme mademoiselle de La Vallicre ; mais die vécut pareillement détachée du monde, ne portant pas un ciliçe, mais jeûnant pour donner aux pauvres tout ce qu'elle avait. Après Favoir oubliée dans sa misère, car elle avait quitté Versailles avec deux écus, le roi lui fit porter de quoi ne pas mourir de faim. Elle ne songea qu'à vivre cachée. Si elle dînait avec la comtesse de Toulouse ou la maréchale de Noailles, les seules amies qui lui fussent restées, c'était pour donner aux pauvres le prix de son diner. Elle lirait des romans, mais surtout des livres religieux, voulant voir le ciel avant Theure. Elle ne sortait que pour aller à l'église. Un dimanche matin qu'elle était malade, elle arriva tard à la messe, et dérangea quelques personnes pour gagner sa place. Un homme jeta tout haut ces paroles : a, .Voilà bien du train pour une ... 1 » Elle regarda cet bonime sans colère, et lui dit de sa voix la plu? douce :

COMME IL EST Si)

î^uisque vous la connaissez si. bien, priez Dieu pour e. 19 La maîtresse du roi rentra chez elle, frappée de >rt par cette insulte.

Li'amour du roi avait tué tour à tour madame de Vînaille, madame de Châteauroux et madame de Mailly. restait deux sœurs, madame de Lauraguais, qui se oquait de tout et qui défiait le chagrin; madame de avacourt, qui enveloppa sa beauté dans sa vertu et li brava le roi.

Louis XV porta dans son ccpurle deuil des trois sœurs ortes. Il disait que c'en était fait des belles heures ^uronnées de roses; il croyait que sa jeunesse aussi rait été mise au tombeau. Quand il rencontrait cHej^

reine madame de Flavacourt , il tombait soudainelent au plus profond de la mélancolie, même quand it venue madame de Pompadour.

Les trois sœurs avaient lu avec lui le roman de Falour ; madame de Pompadour et madame Dubarry ne

Vi94m^ plus Tamuser q^e p^r dep pQqte§ lig^Rpi^m.

Le marquis de Sainte-^ulaire mourut à cent ans, omme Anacréon, son ui^ifre, comme Fontenelle, son rai. Le beau temps (jne celui où Ton faisait le touc 'un siècle sans révolution , où Ton était général pouc voir passé le Rhin, et académicien pour avoir improisé quatre vers! Non, ce n'était pas Ip beau temps. !ombien j'aime mieux nos grandes passions, nos folie^; érieuses, nos tempêtes et nos naufrages I Ils étaieni lans le reflux, nous sommes dans le flux; ils vivaient

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cent ans, encomptant d'après Talmanach ; nousirim mille ans, en comptant d'après notre cœur.

Fontenelle disait en mourant : a Depuis biaititiu siècle que je n'ai jamais ri ni pleuré. » PlaignonsJei, plaignons-les, ceux qui n'ont jamais ri; plaignom-h ^ surtout, ceux qui n'ont jamais pleuré. Plaignons-les: Taube nouvelle n'a pas couronné leur front de se rayons divins; le sentiment, qui nous a rapprochés i Dieu en nous dévoilant les beautés radieuses de Xtm gile et de la nature, ces deux livres immortels defi mour et de la liberté, n'a pas fait battre leur cœur. fi un mot, ils ont vécu sans aimer. Plaignons4es, comia disait du diable sainte Thérèse, cette Sapho chrétieDiu| qui s'élangait dans Tinfini du haut du rocher des pa» sions.

Combien de courtisanes c[ui sont mortes sans artf fait Tamour I

Il y a par le monde un petit diable boiteux qui s'ob» tine à sauvegarder Vhonneur du mari, qui veut queki femmes soient sages en dépit qu'elles en aient. C'esl Teunuque dans le harem. Il entrouvre la porte quant l'amoureux va tirer le verrou. Le jour du rendez-too! il attarde l'aiguille de la pendule ou il réveilla 2UK heure trop tard. Si le rendez- vous est sous les grandi marronniers, il provoque une averse, et, s'il est àios b

rue, il déchaîne une bourrasque qui vous jette une cheminée sur la tète. "^

De là ce chapitre que je n'écrirai pas : A quoi tient la vertu des femmes de moyenne vertu.

Pour savoir Tâge d'une femme, il faut le lui dômander, et le demander à son amie. Elle dira trente ans, Tamie dira quarante , et on prendra le terme moyen.

Près de Pâdoue, au sein de ce riche pays

Où le pampre s'étend sur le blé de mais, '

(Que n'ai-je vos pinceaux, Titien ou Véronàse,

Pour ce divin tableau digne de la Genèse!)

Une femme était là, caressant de la main

Un bambinp couché sur Therbe du chemin :

Plus souples et plus longs que les rameaux du saule»

Ses cheveux abondants tombaient sur son épaule;

Elle était presque nue, à peine un peu de lin

Lui glissait au genou ; plus d'un regard malin

Gourait, comme le feu, de sa jambe hardif

A sa gorge orgueilleuse en plein marbre arroVidie.

Elle se laissait voir, naïve en sa beauté,

SaBs songer à voiler sa chaste nudité ;

Dieu l'avait faite ainsi, comme il avait fait Eve,

Un matin qu'il voulait réaliser un rêve :

Pourquoi cacher au jour ce chef-d'œuvre charmant.

Créé pour être vu par le peintre et l'amant?

A la fin, devinant qu'on la trouvait trop belle,

Elle voulut voiler cette gorge rebeUe;

Elle étendit la main, mais le voile flottait.

Son front avait rougi; de femme qu'elle était,

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Elle redeTÎnt mère : — avec un doux sourire. Un sourire plus doux que je ne saurais dire^ ' A son petit enfant elle donna son sein. 0 sublime action ! Les anges par essaim, Chantant Dieu, sont venus pour voiler de leurs ailes La fière volupté de ces saintes mamelles.

Les femmes placent leur amour daii9 le coeur des hommes à fonds perdis ou à cent pour cent. Les bpmmes ne hasardent pas le capital, mais dédaigoeot les inléréls.

L'amour est ppçore 1^ plus belle invention des 9BcieD5 pour les modernes.

La femme qui s'oublie ayec uri homme qi^'elle n'aimi pas oublie bientôt qu'elle s'est oubliée.

C'est alors qu'un galant homme n'a pas le droit de se souvenir.

Les anciens ont connu deux amours, Imeros eiEm, l'amour des fous et des sages. Nous ne connaissons qu'un amour; ipais nous n'y perdons rien, car ilreaferme tout à la fois la sagesse et la folie.

Si vous battez la campagne, emporté par un rêve

)rûlant, prenez garde de donner un coup de pied dans 'hyménée universel. Songez que tout est amour au nois des primevères et des aubépines. Dans chaque ramée, si vous écoutez bien, vous ouïrez le cantique les cantiques; à chaque pas, si vous regardez bien, rous trouverez un lit nuptial.

Les grandes passions prennent leur source dans l'amour et se jettent dans la mort.

tis

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