‹ L'amour criminelChapitre 2 sur 33 · AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AYANT-PROPOS

ce souci de la vérité qui fut ma grande passion quand j’étais magistrat et qui l’est encore aujourd’hui, car je mets à mon apprentissage d’écrivain une égale sincérité, pensant que des photographies sociales, sans retouches, dans la simplicité ou dans l’horreur de la vérité, pourraient être de quelque intérêt.

Au début de ce récit, j’ai voulu conduire le lecteur dans le monde infâme des pierreuses et des souteneurs, au pays de la basse prostitution où les «'louves du trottoir» provoquent le passant, et subissent l’amant de cœur.

La raison qui m’a guidé est simple : dans ce monde si ignoble, si sauvage qu’il soit, on est plus près de la nature que dans la société des filles haut cotées, où les hommes cachent leurs nageoires dans les manches de leurs habits noirs. Voulant aller crescendo dans cette étude de la perversité humaine, je commence par le souteneur et le voyou tueur de filles, pour en arriver plus tard à une catégorie plus haut cotée et au bourgeois assassin, monstre le plus souvent répugnant et d’une psychologie compliquée.

Puis, nouvel Asmodée, j’essaierai d’enlever les toits des maisons de la capitale... seulement on me permettra de mettre parfois un masque sur le visage des habitants.

Enfin, je ferai tous mes efforts pour arriver à démontrer l’inefficacité, la sottise et aussi la barbarie des règlements de police, qui ont organisé l’esclavage de la femme en plein dixneuvième siècle.

Et je serai bien heureux si, tout en n’ennuyant pas mes lecteurs, je parviens à faire réfléchir ceux qui ont la charge de faire les lois et de gouverner les hommes, que tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes

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