‹ L'amour criminelChapitre 30 sur 33 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

plus pervers qu’on puisse trouver chez un être humain.

Cette sombre tragédie eut un autre épilogue singulièrement macabre.

Mazarin disait qu’à Paris tout finissait par des chansons. Ce drame hideux de la passion donna naissance à une parodie d’amour répugnante.

Depuis quelques semaines, Eyraud avait, suivant un cliché, « payé sa dette à la société », quand on vint me faire part de choses tout à fait contraires aux bonnes mœurs. Je fis faire une enquête et voici ce que j’appris :

Dans ce même quartier Saint-Honoré, non loin du petit entresol désormais célèbre, on avait loué à une demi-mondaine assez jolie, mais surtout commerçante, un appartement qu’elle avait meublé, à peu de chose près, comme la chambre du crime. Madame de la R... avait imaginé d’exploiter le goût de ses contemporains pour les aventures macabres.

Elle avait fait placer tous les accessoires, sans oublier la poulie et la corde.

Le décor ainsi bien préparé, de une heure de l’après-midi à onze heures du soir, comme on dit dans les « petites annonces », l’aimable hétaïre recevait les clients.

Il paraît que pas mal d’Anglais et d’Améri-

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cains notamment venaient lui rendre visite.

Vêtue d’un peignoir rose, fait exactement sur le modèle de celui de Gabrielle Bompard, elle accueillait les visiteurs avec un sourire aussi alléchant que celui du « petit démon ».

Mais la « bonne dame » n’oubliait pas la recette :

— Monsieur vient pour assister à la reconstitution du crime ? — C’est vingt francs !

Quand il avait payé, le client s’asseyait sur la chaise-longue et la dame lui passait au cou la cordelière de son peignoir.

Le lecteur comprendra qu’il me serait difficile de donner des explications plus longues !

Nous fîmes fermer ce... musée d’un nouveau genre, mais il avait eu un si gros succès, que l’habile metteuse en. scène qui le dirigeait avait eu le temps de gagner une somme très rondelette.

Il me paraît impossible de clore le récit de cette importante affaire sans signaler un fait qui a beaucoup frappé tous ceux qui se sont occupés de la recherche du cadavre de l’huissier de la rue Montmartre.

J’ai dit et redit combien la publicité avait été grande ; au moment où j’écris, j’ai près de moi des centaines et des centaines de journaux de presque tous les pays du monde ra-

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