‹ L'amour dans la Divine ComédieChapitre 15 sur 33 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

yeuXy régnait un épouvantable désordre moral et social.

Tout le sol de Tltalie, de Tltalie du nord surtout, se trouvait morcelé entre des royaumes, des républiques, des villes, des châteaux, c'est-à-dire des tyrannies, populaires ou personnelles, qui régnaient chacune suivant sa guise, s'abattant et se redressant tour à tour, à travers les incessantes révolutions que Tambition, la cupidité, la jalousie, des intérêts mercantiles, des haines intéressées, entés sur les mœurs les plus farouches et une immoralité indescriptible, renouvelaient chaque jour entre les moindres et les plus considérables de ces éléments.

Dante avait porté les armes, dans sa jeunesse, dans les rangs du parti guelfe. Puis, considéré à Florence comme un des esprits les plus éclairés de la République, après s'être affilié à Tun des sept arti maggiori, celui des médecins et des apothicaires , condition nécessaire pour entrer dans la vie publique, il prit une grande part aux affaires intérieures et extérieures de TÉtat. En 1300, il avait alors trente-cinq ans, il fut nommé Tun des six prieurs, le priorat représentant la plus haute magistrature de Florence.

a Tous les malheurs de ma vie, a-t-il écrit dans une lettre particulière, me sont venus de ce malheureux priorat. »

En effet, alors que TEtat se trouvait sans relâche en proie aux querelles sanglantes de deux factions ennemies, les Noirs et les Blancs, il était impossible de ne pas se heurter chaque jour aux intérêts ou aux passions de quelqu'un des représentants des grandes familles qui se partageaient entre ces deux factions et leurs ramifications.

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